Rechercher:

Général:

Page d'accueil

Grand concours Valériane !

Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons

Cette année 2016 a été riche en débats dans la sphère politique wallonne. Parmi les mesures visées par nos Ministres, le Projet visant une Wallonie zéro-pesticides suscite de nombreux débats. Les différents acteurs, particuliers, gestionnaires publics et privés et agriculteurs adhèreront-ils au mouvement ? Pourquoi le zéro-pesticides et pas le 100 % bio ? Le développement du zéro-pesticides est-il une menace pour l’agriculture biologique ? Vouloir supprimer les phytos, est-ce réaliste et pourquoi ne pas d’abord les réduire ? Comment faire du zéro-pesticides un projet rassembleur pour la Wallonie ? Quelques éclairages sur ce projet qui rencontre le soutien de Nature & Progrès.

Sylvie La Spina et Marc Fichers


L’agriculture biologique en plein essor en Wallonie !

Cette année, nous fêtons les 25 ans du label bio européen. Depuis 1991, l’agriculture biologique n’a cessé de prendre de l’ampleur en Wallonie. De 50 producteurs, nous sommes passés à plus de 1.300 soit 10 % des agriculteurs wallons, et des 807 hectares, nous en comptons actuellement plus de 63.000 soit 8,7 % de la surface agricole de notre belle région. Les magasins bio se multiplient dans les villes et campagnes, tentant de répondre à la demande toujours croissante des consommateurs. Parallèlement, le Centre de Recherches Agronomiques Wallon et l’Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité se sont dotés d’un plan et de moyens spécifiques pour l’agriculture biologique, tandis que les écoles et centres de formation ont intégré le bio dans leurs cursus. C’est indéniable, l’agriculture biologique est aujourd’hui implantée en Wallonie et reconnue comme une pratique agricole d’avenir pour notre planète. Fini l’image des farfelus ! Les producteurs bio développent des techniques toujours plus innovantes pour se passer des produits de synthèse et stimuler la vie du sol, et celles-ci inspirent aujourd’hui l’agriculture conventionnelle : désherbage mécanique, compostage, gestion des pâturages... Les filières biologiques s’organisent et se diversifient. Nos politiques soutiennent l’agriculture biologique avec l’objectif d’en doubler les surfaces d’ici 2020. Bref, le développement de la Bio est aujourd’hui garanti, pour notre grande satisfaction à tous !

Et si nous nous penchions sur les 90 autres pourcents ?

Si nous pouvons nous féliciter du développement de l’agriculture biologique, continuer son accompagnement tout en veillant à ce qu’elle garde toute sa substance, il est également important de s’intéresser aux fameux « 90% » de l’agriculture conventionnelle. Les révélations sur la nocivité des produits phytopharmaceutiques renforcent chaque jour davantage nos inquiétudes. Ne restons pas dans notre bulle ! Les enjeux environnementaux et de santé nécessitent des actions rapides sur l’ensemble de notre agriculture, et donc, la nécessité d’une évolution de l’agriculture conventionnelle vers le zéro-pesticides.

Pourquoi zéro-pesticides et pas 100 % bio ?

L’agriculture biologique n’équivaut pas au zéro-pesticides ! En effet, elle est codifiée dans un cahier des charges allant bien plus loin que l’interdiction d’utilisation de produits phytosanitaires. L’agriculture biologique va au-delà des méthodes de production : elle repose sur une vision globale, sur des valeurs bien plus larges qu’un simple itinéraire technique. Par exemple, le désherbage mécanique d’une culture ne fonctionnera pas si la terre n’a pas été gérée selon les principes de la Bio. Aussi, peut-on obliger l’ensemble des producteurs wallons à adhérer à ses valeurs et à sa philosophie ?

On ne veut pas moins de pesticides, on n’en veut plus du tout !

Le Projet zéro-pesticides vise à éliminer l’usage de tous les produits phytopharmaceutiques de Wallonie. En effet, les politiques de réduction des pesticides tentées dans différents pays ne portent pas leurs fruits : on parle de réduire les quantités de produits utilisées (mais en travaillant parfois avec des produits plus nocifs à de faibles doses !), de travailler sur les conditions de pulvérisation pour limiter les dérives dans l’environnement... Finalement, la recherche d’alternatives pour se passer purement et simplement des produits passe au second plan. Il est donc nécessaire de donner un objectif ambitieux à la Wallonie, un cap, associé à une échéance : 2030.

Un véritable projet pour notre région

Le zéro-pesticides est un véritable projet, nécessitant de rassembler différentes acteurs conscients que l’avenir de la Wallonie n’est pas dans le chimique. Ces acteurs sont les agriculteurs bio qui veulent partager leur savoir et inspirer de leurs techniques innovantes l’agriculture conventionnelle, les agriculteurs conventionnels qui souhaitent réduire et à terme supprimer l’utilisation de phytos, les centres de recherche qui peuvent concentrer leurs énergies sur les alternatives aux phytos, les écoles et centres de formation qui peuvent enseigner prioritairement voire exclusivement ces alternatives... Mais n’oublions pas non plus les citoyens, les pouvoirs publics et les politiques qui choisissent de refuser le chimique. Le projet dépasse donc largement la sphère agricole et la sphère bio, il est un véritable projet de société pour notre Wallonie.

Le zéro-pesticides va-t-il concurrencer le bio ?

Oui, peut-être en ce qui concerne le bio dit « industriel » dont le référentiel est principalement le non-chimique. Mais la véritable bio, liée à la philosophie de base de l’agriculture biologique, restera différenciée du zéro-pesticides car elle repose sur une vision globale, le respect du sol, la place de l’humain, le respect des lois naturelles... La Bio défendue par Nature & Progrès continuera toujours à se différencier ! Le Projet zéro-pesticides doit être vu comme un outil complémentaire à l’agriculture biologique pour éliminer les pesticides de notre environnement. Il peut aussi constituer une étape intermédiaire entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture bio : la découverte d’une autre manière de travailler peut mener le producteur à une réflexion plus large sur ses pratiques et ses valeurs !

Quid des pesticides utilisés en bio ?

L’agriculture biologique repose sur la prévention des maladies à travers l’utilisation de techniques diverses : choix de variétés résistantes, espacement des plants, utilisation de plantes compagnes ou accueil de prédateurs naturels, etc. Néanmoins, il arrive que les maladies et ravageurs franchissent ces barrières et mettent la culture en péril. Le cahier des charges de l’agriculture biologique permet dans ce cas l’utilisation de substances naturelles, nommées parfois « biopesticides » ou de produits tels que le cuivre et le soufre. Si elles n’ont pas une origine chimique de synthèse, ces substances ne sont pas pour autant anodines ! Elles font l’objet de critiques déforçant aux yeux de certains l’image de l’agriculture biologique. Le secteur bio doit donc relever le même défi que l’agriculture conventionnelle en développant et en faisant connaître les alternatives aux biopesticides que de nombreux producteurs bio ont d’ores et déjà développées.

Un défi rassembleur pour notre Wallonie !

Le Projet zéro-pesticides n’a pas d’équivalent en Europe, ce qui positionne la Wallonie dans une position d’excellence. Le Projet zéro-pesticides doit s’accompagner du développement de l’expertise, des connaissances, de la fabrication d’outils spécifiques qui peuvent valoriser notre région ! Allant au-delà de la sphère agricole, le projet rassemblera aussi des particuliers, des gestionnaires publics ou privés qui œuvrent, certes, dans des domaines parfois opposés, mais qui travailleront ensemble pour faire évoluer notre région... Pour notre santé et celle de la terre.

Si vous croyez à un Wallonie sans pesticides, rejoignez-nous ! Ensemble œuvrons pour développer les alternatives pour notre santé et celle de la terre !

Encart : la Wallonie zéro-pesticides


31 % de la surface de la Région wallonne est couverte par des bois et forêts où l’usage de produits phytosanitaire est interdit. 24 % sont couverts par des prairies permanentes (pâtures et prés) où l’usage de pesticides se réduit à l’utilisation occasionnelle, dans certaines fermes, d’herbicides sélectifs contre les rumex et chardons. 30 % sont couverts de terres cultivées où l’utilisation de pesticides dépend de la culture installée sur la terre. Les parcelles bâties et surfaces en eau couvrent respectivement 8,5 % et 0,2 % du territoire et ne sont pas concernés par les pesticides. Il reste les jardins (les jardiniers sont parfois de gros utilisateurs de pesticides !) et les parcs publics et privés (communes zéro-pesticides en 2018) couvrant 0,8 % des surfaces, les terres vaines et vagues couvrant 3,1 % ( ?? ! beaucoup !) et les chemins cadastrés, publics ou privés. L’utilisation de pesticides dans les vergers (1,1 %) dépend de l’intensité de leur culture.

On a donc environ 60 % à faible efforts, 30 % d’attention pour les cultures et vergers agricoles, 1 % ??? de jardins, parcs, terres vaines et vagues et terrains récréatifs à responsabilité des particuliers ou des pouvoirs publics, ces derniers doivent supprimer leur usage de pesticides d’ici 2018.


Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons !
Rejoignez notre communauté
en vous inscrivant ici !!!


Plusieurs personnes réclamaient un formulaire hors Facebook ,
voici le lien complémentaire