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On comprend, à la lumière de ce qui précède, combien le lait cru - à l'inverse des laits morts que distribue l'agro-industrie - est un bienfait salutaire pour la santé humaine. On comprend aussi combien un produit agricole de base de très haute qualité est susceptible, par la valeur ajoutée qu'il offre, de revitaliser une agriculture exsangue ainsi que tout le secteur de la transformation en aval. On comprend donc à quel point la survie du monde paysan - et de toute la culture liée à la ruralité - peut dépendre du sort qui est fait à un produit de base tel que le lait cru ! Le lait cru, et les produits dérivés au lait cru, doivent donc redevenir rapidement des produits de consommation courante auxquels des filières spécifiques doivent être consacrées. D'une manière plus générale, les critères qui définissent la qualité et le prix du lait doivent absolument être réévalués d'urgence.

Voilà donc pourquoi Nature & Progrès s'est mobilisé tout au long de cette année 2010, à l'occasion de ses salons notamment - Valériane, Aubépine, Eglantine… - mais aussi à l'occasion d'une mémorable passe d'armes avec l'AFSCA.

Dans un communiqué daté du 2 août 2010, Nature & Progrès écrivait :
"(…) en pleine crise laitière, la vente directe ou la transformation de lait cru à la ferme nous paraissent des pistes essentielles à explorer et à soutenir pour l’avenir des producteurs de lait. Mais l’AFSCA semble s’opposer à cette solution en voulant imposer une pasteurisation systématique du lait dans toutes les fermes où est présente la bactérie Coxiella burnetti, soit 65% des exploitations laitières wallonnes…

La vente et la transformation de lait cru relèvent en pratique de l’expertise du monde paysan. L’agro-industrie, vu ses impératifs de travail, est techniquement incapable de travailler ce type de produit et est donc bien obligée de voir lui échapper ce segment économique. Pour le monde agricole paysan, par contre, le lait cru est un incomparable facteur de diversification, favorisant une agriculture de qualité et qui reflète les particularités du territoire, de sa flore, de la race animale utilisée, des bonnes pratiques agricoles, ou de la saison. C'est une piste solide pour permettre aux fermiers wallons de retrouver leur fierté et leur espoir. Il permet à l’agriculteur de valoriser sa production, et de se différencier des produits standards et insipides que nous sert l’industrie agro-alimentaire.

De plus, d’un point de vue économique la transformation du lait cru est souvent le passage obligé pour tout producteur qui veut se lancer dans la vente directe. Vouloir lui imposer les lourds investissements en équipement de pasteurisation constitue dès lors un frein à l’installation et peut décourager ceux qui vivent depuis des décennies grâce au lait cru. S’en prendre aujourd’hui au lait cru n’augure rien de bon pour l’avenir des autres transformations à la ferme.
Nous sommes en droit de nous poser une question fondamentale : l’AFSCA se soucie-t-elle encore de l’avenir de l’agriculture wallonne, de la richesse de nos terroirs et la qualité de la vie dans nos campagnes ? Tout porte à croire que non !

En retirant les possibilités pour un agriculteur de s’autonomiser par rapport aux laiteries, l’AFSCA soutient plutôt l’agro-industrie dans ses projets de « sortie de crise laitière », à savoir la mise en place de la contractualisation. Véritable mise sous tutelle des producteurs, la contractualisation est le chaînon manquant à l’agro-industrie pour maîtriser de A à Z tous les processus de la production alimentaire, du champ à l’assiette, comme c’est déjà par ailleurs le cas en production porcine, avicole et en maraîchage de grande culture. Véritable bête noire de l’industrie, le lait cru permet, à l’inverse, aux producteurs de s’affranchir de cette même industrie car eux seuls sont capables de le transformer et de le distribuer !"
Nature & Progrès concluait finalement que "l'AFSCA est devenu un véritable cheval fou, un véritable état dans l’état. Il est grand temps que le contrôle sanitaire soit de nouveau en phase avec l’agriculture. Le citoyen a le droit de savoir qui contrôle véritablement l’AFSCA et quels objectifs réels l’institution poursuit, surtout dans une période où le gouvernement fédéral est en affaires courantes." Et Nature & Progrès d'en appeler à la régionalisation rapide de l’AFSCA afin de permettre aux Régions d’en assurer le contrôle, en phase avec les différentes politiques qu’elles mènent…
La seule réponse que daigna nous faire cette grande institution de service public fut de déclarer que nous avions "perdu toute crédibilité à ses yeux" et de snober l'invitation que nous lui lancions de venir s'expliquer publiquement à l'occasion de notre salon Valériane, début septembre. Gageons que le combat pour la sauvegarde du lait cru - et, à travers lui, de l'agriculture paysanne dans son ensemble - n'est pas prêt de connaître son épilogue…

Sur un plan pratique, Nature & Progrès a également publié, en 2010 :

- Fabriquer soi-même ses fromages bio… Et autres utilisations maison du lait cru, par Francis Giot : un ouvrage à la fois simple et complet qui permettra à tout un chacun de se réapproprier son alimentation par l'apprentissage de quelques recettes simples ;
-Lait cru bio : où le trouver, comment le préparer ?: un répertoire gratuit des bonnes adresses où le consommateur pourra se procurer du lait cru en Wallonie.