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L'approche systémique appliquée à l'assiette

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S'agit-il de résister à la technocratie alimentaire dominante en révélant ce que doit être le rêve du nouveau consommateur bobo, s'agit-il de redéfinir les tendances nouvelles du snobisme alimentaire, et bio de surcroît ? Certainement pas ! Tout ce qui touche à notre alimentation est complexe par nature, et trouver la juste attitude face a la consommation – ou à la non-consommation – de viande l'est plus encore…
Nous ne pouvons pas méconnaître le rapport à l'animal inhérent au fait même d'en manger et a fortiori d'en trop manger. Nous ne pouvons pas non plus ignorer la part de violence que cela suppose ; enfouir la tête dans le sable n'est pas supportable longtemps. Nous devons évidemment tout faire pour bannir la barbarie de nos assiettes, pour que le destin que nous assignons à l'animalité dévorée ne fasse pas de nous des mangeurs indignes. Tuer l'animal n'autorise personne à le faire souffrir ; si mort il y a, il est impératif qu'elle soit collectivement beaucoup mieux assumée. Mais s'il nous faut interroger les dérives récentes de la consommation de viande et admettre que celle-ci est purement et simplement intenable, il nous est aussi rigoureusement impossible de renier d'un seul coup cent siècles de culture agricole…
Autre chose sera encore de respecter notre milieu de vie. Un goût immodéré pour le barbecue peut rapidement nous conduire à des dérives insoutenables, tant du point de vue de la santé publique que de celui de l'impact environnemental des élevages intensifs. Quels conseils donner néanmoins au consomm'acteur attentif que vous êtes, sans nul doute ? Nous en retiendrons essentiellement trois :

- Individuellement, trouver le bon équilibre

" Dans la majorité des ouvrages de diététique, écrivent Claude Aubert et Nicolas Le Berre (1), l'optimum préconisé en matière de protéines est moitié végétal, moitié animal, une manière de couper la poire en deux, mais qui n'a aucune base scientifique solide. Compte tenu de tout ce que nous avons dit précédemment, nous pensons qu'il faudrait plutôt viser au moins 75% de protéines végétales, comme dans la plupart des modes d'alimentation traditionnels, notamment ceux des populations connues pour leur excellente santé et leur longévité, comme les Crétois et les habitants d'Okinawa. Un chiffre qui se justifie a la fois pour des raisons de santé et pour des raisons environnementales. Sachant que le petit pourcentage de protéines animales peut être fourni, selon les ressources et les choix de chacun, par de la viande, du poisson, des œufs et/ou des produits laitiers. "
75% de protéines végétales dans notre alimentation ; voilà un point de repère intéressant…

- Globalement, sortir de l'élevage intensif

Sauf à scier la branche sur laquelle repose son séant, personne parmi nous ne peut ignorer plus longtemps les dégâts colossaux qu'engendrent l'agriculture industrielle. Et si l'agriculture biologique est aujourd'hui l'alternative qui s'impose naturellement, toutes les voies menant à une désintensification rapide doivent être soigneusement examinées. Il y a urgence !

- Localement, revenir aux systèmes de polyculture - élevage

L'agriculture ne se résume pas à un catalogue de techniques applicables "à la carte". Nous l'avons longuement montré. Des modifications brutales de nos pratiques agricoles – qu'elles soient dues à de nouveaux dogmes ou à de nouvelles modes… – sont toujours susceptibles de déséquilibrer gravement nos modes de productions alimentaires. Or les conséquences de tels bouleversements demeurent insoupçonnables. Et, sans crier au loup, il est indispensable de mettre en garde les populations – et l'humanité toute entière – face aux éventuels facteurs d'effondrement de leurs systèmes vitaux. Le drame des aimables cultivateurs du Rubané doit nous y faire réfléchir…
Depuis octobre 2011, sept milliards d'êtres humains cohabitent sur la planète bleue. Face aux périls écologiques, le défi de leur permettre de vivre dignement n'a jamais été aussi grand. Plus d'un milliard d'entre eux souffrent aujourd'hui de la faim. D'autres avalent, sans scrupule aucun, leur ration quotidienne prohibitive de protéines animales. Le développement économique – chez nous depuis l'après-guerre, dans les pays émergents aujourd'hui – engendre une transition alimentaire qui se traduit par une nette augmentation de la demande en produits carnés. C'est essentiellement ce phénomène qui, avec raison, nous inquiète aujourd'hui. Mais rien n'exclut l'apparition d'autres transitions de ce type qui soient susceptibles d'inverser la tendance. Peut-être la crise écologique mondiale aura-t-elle cet effet salutaire ? C'est, en tout cas, un objectif prioritaire auquel nous devons tous, aujourd'hui, nous atteler.

(1) Claude Aubert et Nicolas Le Berre, Faut-il être végétarien ? - Pour la santé et la planète, éditions Terre Vivante, 2007, pp. 81-82.