Déréglementation des nouveaux OGM agricoles : Science ou Business ?

Nouveaux OGM

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Un nombre important de scientifiques européens actifs dans la recherche en biotechnologie font activement pression pour déréglementer les nouvelles techniques d’édition des gènes. Alors que, dans le même temps, ils ont des intérêts directs ou indirects et non divulgués dans la commercialisation de plantes dérivées de ces techniques via des brevets, des demandes de brevets ou des liens avec les multinationales monopolistiques.

Ces multinationales à présent de plus en plus fusionnées entre elles sont au nombre de 3 : Corteva, Chemchina et Bayer-Monsanto. Elles commercialisent, sous brevets, à la fois pesticides, OGM et semences. Ces conflits d’intérêts sont répertoriés dans un nouveau rapport réalisé par GeneWatch et Corporate Europe Observatory (CEO). Il est publié par le groupe des Verts/ALE du Parlement européen et intitulé : « Behind the smokescreen. Les intérêts particuliers des scientifiques de l’UE qui font pression pour la déréglementation des OGM ».

Les lobbys des biotechnologies tentent de déréglementer les nouveaux OGM

La Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a, par son arrêt du 25 juillet 2018, déclaré que tous les produits dérivés des nouvelles techniques de manipulations d’OGM, telle CRISPR la plus utilisée, sont des OGM à part entière et doivent être réglementés comme tels. Depuis lors, une campagne de lobbying encore plus intense de l’industrie biotechnologique et agrochimique a visé les réglementations européennes existantes relatives aux OGM pour en déréglementer les « nouveaux OGM » fabriqués à partir de certaines nouvelles techniques.

L’objectif du lobby est de persuader les décideurs politiques européens d’autoriser la commercialisation de plantes et d’animaux, nouveaux OGM, pratiquement sans analyse de risques pour la santé et l’Environnement, sans obligations de traçabilité, d’étiquetage pour les agriculteurs et les consommateurs ni de monitoring. Ceci afin de faciliter leur mise sur le marché et d’engranger davantage encore de profits.

Les organisations investiguées

Ont été répertoriés les conflits d’intérêts des scientifiques affiliés à l’organisation européenne des sciences végétales (EPSO), au réseau européen pour une agriculture durable par l’édition du génome (EU-SAGE) financé, entre autres, par la Fondation Bill et Melinda Gates et de la Fédération européenne des académies des sciences et des humanités (ALLEA). Ces associations se présentent pourtant comme parfaitement indépendantes.
Seule l’information du domaine public fut utilisée dans ce rapport, y compris celle obtenue via des demandes d’accès aux documents soumises par CEO et qui ont par la suite été rendus publics. Toutefois, certains conflits d’intérêts, par la nature confidentielle de certains contrats de recherche, pourraient ne pas avoir été pris en compte.

Le nouveau rapport « Smokescreen » déclare que :

  • 64 % des membres du groupe de travail de l’EPSO sur les technologies agricoles et 32 % des membres d’EU-SAGE ont un intérêt direct dans la commercialisation des plantes génétiquement modifiées. Cela signifie des avantages financiers ou un développement de carrière, soit personnellement, soit par l’intermédiaire de leurs organisations. Ils font pression pour la déréglementation des technologies génétiquement modifiées mais leurs intérêts directs ne sont pas toujours clairs pour les décideurs.
  • 38 % des membres du groupe de travail EPSO sur les technologies agricoles et 23 % des membres du réseau EU-SAGE détiennent un ou plusieurs brevets ou demandes de brevets liés à des procédés ou produits génétiquement modifiés.
  • 53 % des membres du groupe de travail EPSO et 15 % des membres du réseau EU-SAGE ont participé à un ou plusieurs projets de recherche avec l’industrie. Nombreux sont les scientifiques impliqués dans une entreprise de semences ou de biotechnologie, en occupant un poste ou en détenant des actions dans ces entreprises.
  • Certaines institutions publiques, telles le Vlaamse Instituut voor Biotechnologie (VIB), ont des liens étroits avec l’un ou plusieurs de ces groupes de pression dans lesquels ils sont très actifs. Le VIB travaille avec les entreprises de la biotechnologie agricole dans le cadre de projets commerciaux visant à « traduire les résultats de la recherche en produits ». Bayer Bioscience, Bayer Crop Science et Crop Design sont représentés à son assemblée générale.

La seule Vraie Science

Au-delà de ces conflits d’intérêts se pose aussi la question de l’accaparement de l’autorité savante dans l’espace public. « Parmi les membres du groupe de travail ad hoc de l’EPSO, 98 % ont une formation en génétique et biologie moléculaire, et c’est le cas pour 83 % des membres du réseau EU-SAGE », lit-on dans le rapport. Il n’est de plus pas évident que les domaines d’expertise pertinents pour évaluer les effets potentiellement négatifs des applications agricoles des nouvelles technologies OGM, en écologie, agroécologie, agroéconomie, toxicologie et santé publique, soient représentés dans ces organisations. Il est donc abusif pour ces organisations et ces chercheurs, conclut Nina Holland de CEO, « de prétendre représenter “la science” ou de se poser en avocat d’une “politique basée sur la science” »

Appel des politiques à la vigilance

A la suite de ce lobby intense, la Commission a annoncé via son Programme de travail 2003, la publication pour le second trimestre 2023 d’une nouvelle réglementation pour certains nouveaux OGM produits par certaines nouvelles technologies. Ceux-ci seraient alors soustraits aux conditions d’autorisation trop contraignantes de la Directive actuelle 2001/18/CE pour les multinationales.
Les révélations du rapport « Smokescreen » montrent que les décideurs politiques doivent être très critiques à l’égard des affirmations de ces groupes de pression qui proclament, mais de façon non étayée par les faits ni par de nombreuses publications de scientifiques indépendants, les avantages et la sécurité des nouveaux OGM.

Les révélations du rapport « Smokescreen » montrent que les décideurs politiques doivent être très critiques à l’égard des affirmations de ces groupes de pression qui proclament, mais de façon non étayée par les faits ni par de nombreuses publications de scientifiques indépendants, les avantages et la sécurité des nouveaux OGM.

Selon l’industrie, les nouveaux OGM favoriseraient la lutte contre les changements climatiques, la réduction de l’utilisation des pesticides en conformité avec les objectifs du « Pacte Vert » de la Commission et l’instauration d’une agriculture durable. Leur technologie serait tout à fait maitrisée et leurs risques non supérieurs à ceux des plantes produites par la sélection conventionnelle ou par les mutations aléatoires dans la nature. Pourtant, il est montré que la déréglementation de ces nouvelles techniques aurait de graves conséquences socio-économiques, ainsi que des impacts potentiellement graves sur la santé, l’environnement et la résilience de l’agriculture .

Par Nature & Progrès, Canopea, Velt et RMRM

 

À la rencontre de l’entreprise citoyenne

Article paru dans la revue Valériane n°158
Propos recueillis par Dominique Parizel et Benoit Lespagnard

 

Les trois entreprises que nous vous présentons aujourd’hui sont des partenaires de Nature & Progrès depuis un bon moment déjà. Elles appuient et inspirent concrètement notre action, et nous les en remercions. Nous avons donc cherché, en conversant avec quelques-uns de leurs dirigeants, à nous forger une image plus juste de leur responsabilité sociétale et environnementale. Au-delà du cliché «entrepreneurial» – qui rime un peu trop fort avec «seigneurial» -, nous avons voulu questionner et observer en quoi ces communautés, plus ou moins étendues, d’individus évoluent par la force des circonstances et se transforment à présent en véritables entreprises citoyennes.

Qu’entendons-nous par-là ? Le fait évident, tout simplement, que l’entreprise, au même titre que chacun d’entre nous, joue un rôle déterminant face aux diverses crises que nous affrontons, qu’elle est un acteur important de la transition écologique. Mais comment cela se traduit-il pour elle, au jour le jour, voilà ce que nous avons tenté d’apercevoir… Plus encore que les séries d’actes, à caractère souvent symbolique, posés au nom de ces différentes «maisons», de ces différentes marques, nous sont apparus de nouveaux modes d’organisation qui, dans un souci primordial de bien-être au travail, régissent aujourd’hui leur obligation d’efficience. Car le monde de l’entreprise, nul ne peut l’ignorer, est avant tout soumis aux réalités implacables de l’économie.

Pourtant, leur «capital humain» – plus que leur capital tout court – apparaît désormais comme leur meilleur atout pour traverser les tempêtes annoncées. Les «patrons» que nous allons vous présenter le savent mieux qui quiconque et c’est donc sur lui qu’ils investissent aujourd’hui, avec une bienveillance qui pourra surprendre. Plus les nouvelles générations y pénètrent, plus les entreprises sont scrutées quant à la réalité de leurs valeurs et de leurs engagements. Au premier rang desquels figurent évidemment le climat et l’environnement. Mais pas seulement : les questions de gouvernance et les questions de genre sont là également, avec force, au tout premier plan… Le rapport de l’entreprise à sa propre autonomie et à ses propres limites sont également des notions qui semblent de plus en plus incontournables. Alors ? L’entreprise de demain sera-t-elle écologique et citoyenne ? Parions qu’elle le sera.

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Lacto-fermentation : comment réaliser sa propre choucroute ?

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La lacto-fermentation, cest une technique de conservation des aliments très appréciée pour deux raisons. D’un côté, elle donne un petit goût original aux aliments. De l’autre, les aliments lactofermentés sont connus pour leurs propriétés nutritives et digestives.

Quelle est la période idéale pour lactofermenter ses légumes ?

Le début de l’automne est l’occasion parfaite pour récolter les derniers légumes de son potager et se préparer un stock de vitamines pour l’hiver. Et si vous n’avez pas de potager, sachez qu’il est toujours plus intéressant d’acheter ses légumes chez le producteur au moment de la récolte et de les fermenter, plutôt que de se les procurer en hiver.

Comment procéder ?

Au niveau du matériel, il vous suffit de vous munir de quelques bocaux en verre. Il vous faudra également du sel : environ 30 grammes pour un 1 KG de légumes.

Tout d’abord, coupez vos légumes finement. Ensuite, placez-les dans un récipient avec de l’eau et le sel. Une fois que vous aurez bien malaxez le tout, il faut laisser fermenter la préparation durant quelques jours. Une fois cette étape achevée, il vous suffit de fermer correctement votre bocal.

Le plus important pour une lacto-fermentation réussie, c’est de veiller à la température de conservation. Il s’agit de laisser vos bocaux 1 semaine à 20°C, et ensuite 1 mois à moins de 18°C.

Quel légume choisir pour une première expérience ?

Nous vous conseillons de commencer par le chou blanc pour réaliser la traditionnelle choucroute appréciée de tous. Pourquoi ? Car ce légume est riche en vitamine C et particulièrement digeste. Pour un plat savoureux, nous vous conseillons la variété de chou appelée le QUINTAL, et BIO c’est encore mieux ! 

Envie d’en savoir plus ? Participez à nos ateliers Nature & Progrès

Si le sujet vous intéresse, Nature & Progrès organise fréquemment des ateliers sur la lacto-fermentation. Retrouvez toutes les dates et informations pratiques sur notre agenda en ligne.

Nous vous invitons également à parcourir le livre « Garder les fruits et légumes » aux Editions Nature & Progrès. Il vous explique de manière simple et précise comment réaliser vos lacto-fermentations à la perfection !

Marche à suivre pour réaliser sa propre choucroute

De toutes les méthodes de conservation des aliments, la lacto-fermentation est la plus économique et la plus écologique car non consommatrice d’énergie. La choucroute, facile à réussir, est un aliment très digeste, sain et particulièrement bénéfique pour la santé.

La conservation idéale

La lacto-fermentation améliore la qualité des aliments alors que toutes les autres techniques de conservation ne peuvent empêcher une altération inexorable de ceux-ci avec le temps. Pendant la fermentation, les micro-organismes transforment les sucres en acide lactique. Cette acidification empêche le développement des germes responsables de la putréfaction, ce qui assurera la conservation. Mais ces micro-organismes ont d’autres effets bienfaisants. Ils détruisent les nitrates présents dans les légumes lors de la récolte. Ils améliorent la digestibilité des aliments : il est indéniable que le chou lacto-fermenté est bien plus digeste que le chou non fermenté. Il en va également de même pour bien des légumes de la famille des légumineuses ainsi que pour les céréales. Enfin, et ce n’est pas le moindre avantage, ce processus de fermentation participe à l’augmentation des vitamines présentes dans le chou. Ainsi, la choucroute contient plus de vitamine C que le chou avec lequel elle est fabriquée. Elle possède même, à l’issue de la fermentation, plus de vitamine C que bien des fruits. Lors de la fermentation de la plupart des légumes, les micro-organismes synthétisent également de nombreuses vitamines du groupe B et, entres autres, la vitamine B 12.

Les règles indispensables pour réussir

La propreté du matériel : pots, pierres, bocaux et ustensiles doivent être soigneusement nettoyés avant l’utilisation avec de l’eau bouillante.

Le matériel

Les pots à joint d’eau, dit « hydrauliques », sont les seuls fiables et ne demandent pas une surveillance constante. L’eau à renouveler dans le joint est le seul entretien nécessaire pendant les longs mois de conservation. L’avantage de ces pots, par rapport aux pots sans joint, se situe dans le fait que le gaz carbonique, qui se forme pendant la fermentation, reste à l’intérieur du pot et, étant plus lourd que l’air, élimine peu à peu l’oxygène. L’absence d’oxygène empêche les levures de se développer. Le bruit ‘blub’ est provoqué par l’air puis par le gaz carbonique qui s’échappent du pot. Il intervient dans les heures qui suivent la mise en pot du chou et indique que la fermentation est commencée. La curiosité, l’envie de soulever le couvercle “ pour voir ” est déconseillée car elle aura le désavantage d’amener de l’air dans le pot. Une première ouverture ne se fera qu’après la fin de la première phase de fermentation afin de vérifier que les pierres restent bien couvertes de jus.

Le nettoyage des choux

Les choux doivent être propres. Cependant, les feuilles indemnes de souillures ne seront pas lavées car elles sont recouvertes des micro-organismes indispensables au démarrage de la fermentation. Voici donc une raison importante pour lacto-fermenter les choux issus du jardinage ou du maraîchage biologiques.

La préparation des choux

Les feuilles de choux sont coupées en lamelles et les trognons sont éventuellement râpés mais plus finement. Cela favorise le contact avec le sel et les épices et permet une meilleure extraction du jus qui contient le sucre. Celui-ci se transformera en acide lactique.

La préparation du chou râpé

Une bonne extraction du jus du chou grâce à l’action du sel constitue un facteur essentiel de réussite de la choucroute. La pratique nous amène à mélanger préalablement l’ensemble du chou râpé avec l’ensemble du sel et des épices. Le tout est disposé dans une grande bassine en plastique et pesé afin d’ajouter le sel et les épices nécessaires (voir § suivants). L’ensemble est brassé afin d’être bien homogénéisé. On laisse agir le sel sur le chou pendant dix à quinze minutes et on commence un léger tassement afin de bien mettre en contact le sel et le chou et faciliter ainsi l’extraction du jus. Ensuite, on laisse reposer ½ heure avant la mise en pot.

Le sel

Des raisons diététiques font souvent poser la question de l’utilité du sel. Le chou est le seul légume supportant la lacto-fermentation sans sel mais cela demande alors une maîtrise parfaite ; la moindre petite entorse aux règles prescrites fera échouer la fermentation. Il est donc vivement conseillé d’ajouter du sel. Les quantités nécessaires varient entre 5 et 8 grammes de sel par kilo de chou si l’on veut déguster sa choucroute sans la rincer et si l’on désire boire le jus sans grimace.

Le sel va inactiver les enzymes et empêcher la décomposition du chou. Il protège les protéines de la destruction jusqu’à ce que l’acide lactique prenne le relais dans cette protection. Il intervient également dans la formation des arômes. Une insuffisance de sel pourrait permettre aux levures de se développer et conduire ainsi vers une fermentation alcoolique et vers la pourriture. Fabriquer sa choucroute sans apports de sel est possible mais demande une très grande maîtrise des techniques de lacto-fermentation.

Les épices et les plantes aromatiques

Elles donnent arômes et saveurs à la choucroute. Les nombreuses substances actives présentes dans les épices ont, en outre, le pouvoir d’empêcher la pourriture du chou pendant les premiers jours de fermentation. De ce point de vue, les épices les plus efficaces sont l’ail, les baies de genévrier, les clous de girofle, le piment et le poivre. Aromates et épices sont aussi souvent ajoutés afin de faciliter la digestion. Ainsi, les baies de genévrier et le cumin pour la choucroute ou la sarriette pour les légumineuses.

Le conditionnement des légumes dans le pot

Une fois la ½ heure passée, le mélange de chou râpé, de sel et d’épices est transféré vers le pot par couches successives de 3 ou 4 cm qui sont fortement tassées. Cela permet de libérer une importante quantité de jus qui est normalement suffisante pour couvrir le chou râpé et les pierres de couverture. Le jus présent au fond de la bassine est également ajouté dans le pot. Il arrive cependant, lors des années peu pluvieuses, que les légumes râpés ne libèrent pas assez de jus. Il faut alors ajouter un peu d’eau que l’on a préalablement fait bouillir afin d’éliminer le chlore s’il s’agit de l’eau de distribution. L’eau est ensuite salée (5 à 10 gr. de sel par litre d’eau) et refroidie.

Le vigoureux (très, très vigoureux) tassement du chou dans le pot permet également d’éliminer l’air présent entre les lamelles de chou car il entraînerait la pourriture. La lacto-fermentation est une fermentation anaérobie : elle doit se réaliser sans aucun contact avec l’air.

Tasser, tasser, tasser et encore tasser

Quelques ateliers pratiques de préparation de choucroute nous ont permis de constater l’étonnement des participants lorsque la phase du tassement du chou dans le pot est abordée. Celui-ci doit, en effet, être extrêmement vigoureux et plusieurs fois répété pour chaque couche de chou râpé. Cette pratique permet au sel de bien s’incruster dans la chair du chou. Le sel aide ainsi à l’extraction du jus qui rempli les interstices et permet l’élimination de l’air. Si du jus manque pour recouvrir les pierres qui sont posées sur le dessus de la choucroute, il faut enlever la choucroute du pot et recommencer le tassement en opérant par couches successives. Il faut une année exceptionnellement sèche pour que le chou ne contienne pas assez de jus et qu’un léger apport d’eau soit nécessaire pour couvrir la pierre.

Evitons la présence de petits morceaux de choux flottant en surface 

Des petits flotteurs de chou en contact avec l’air pourrait permettre un début de fermentation aérobie et donc de pourriture. On évite cela en disposant quelques feuilles entières de chou sur la dernière couche de chou tassé. On pratique sur ces feuilles quelques entailles au couteau afin de permettre le passage du gaz carbonique. Les pierres sont ensuite déposées sur le tout afin de maintenir une bonne pression sur la choucroute. 3 ou 4 centimètres de liquide doivent recouvrir les pierres car une fermentation aérobie pourrait également démarrer depuis celles-ci. Les petits flotteurs présents en surface sont retirés à l’aide d’une écumoire. Les parois intérieures du pot ainsi que la gorge sont ensuite nettoyées de toute présence de morceaux de chou ou de jus.

N’oublions pas de remplir régulièrement le joint hydraulique d’eau.

Si la choucroute a été fabriquée lors d’un atelier, il est nécessaire de vérifier à la maison si le jus recouvre toujours les pierres et si des morceaux de choux ne flottent pas à la surface.

 

Le voyage du pot à travers la maison

Trois phases demandant des températures différentes sont nécessaires à l’élaboration de la choucroute.

1ère phase : température entre 20 et 22° C pendant 2 jours, parfois 3 si le démarrage a été lent. La fermentation lactique doit débuter immédiatement après le tassement du chou râpé dans le pot. Il s’agit d’un processus biologique très complexe qui ne devra pas s’arrêter et la température ne pourra pas descendre en dessous de 20°C. Pendant cette phase commence la production de l’acide lactique et des levures qui participeront à la formation des arômes. Le bruit de l’air puis du gaz carbonique qui s’échappent du pot doit s’effectuer dans les deux à quatre heures qui suivent la fin de la préparation du pot. Il indique le début de fermentation et rassure sur la bonne marche du processus de fermentation.

 

2ème phase : température entre 15 et 18° C pendant 15 à 20 jours. A partir de ce moment, la flore microbienne change et l’acidification s’intensifie. L’acide lactique va se former plus rapidement. Le pH va s’approcher de 4 et cette acidité inhibe la flore bactérienne initiale. Tout ce processus exige plus de temps et les températures plus basses mentionnées ci-dessus. A partir de cette étape, veillons à toujours maintenir le niveau d’eau dans le joint du couvercle. Plus on allonge cette 2ème phase, plus l’acidification s’intensifie. Pour les personnes qui désirent une choucroute plus douce, on arrêtera donc la 2ème phase après 10 à 15 jours. Dans ce cas, la choucroute se conservera cependant moins longtemps (milieu moins acide) et devra être consommée dans les 2 à 3 mois qui suivent.

 

3ème phase : stockage du pot à une température idéale comprise entre 1 et 10° C. La fermentation est terminée mais les arômes vont continuer à évoluer. Une température de stockage plus élevée n’est pas nocive mais ne permettra pas une conservation aussi longue. Après une ou deux semaines, la consommation peut commencer.

Si l’on prend attention aux températures idéales renseignées pour les 3 phases de production de la choucroute, on comprendra qu’il ne faut jamais commencer sa choucroute trop tôt dans l’année car des températures trop élevées risqueraient d’induire des fermentations brutales avec débordement de la choucroute hors des pots. Dans nos régions, la période idéale se situe de novembre à décembre.

Enfin, nous dégustons notre choucroute

La première dégustation peut avoir lieu environ deux mois après la mise en œuvre. Après chaque prélèvement, il faut veiller à égaliser tous les légumes dans le jus, replacer délicatement les feuilles de surface, déposer les pierres et tasser à nouveau en exerçant une pression sur les pierres afin d’éliminer l’air. Le jus doit toujours recouvrir les pierres de 3 à 4 centimètres.

En prélevant la choucroute, on prélève également beaucoup de jus et celui-ci pourrait manquer pour recouvrir les pierres alors que de nouveaux apports d’eau salée ne sont plus recommandés. La choucroute prélevée pourra être disposée dans une passoire disposée sur une assiette creuse. On la pressera légèrement afin d’en récolter le jus et celui-ci sera reversé dans le pot.

Retirer ensuite les petits morceaux de choucroute qui flottent en surface et sont donc en contact avec l’air. Les bords intérieurs du pot sont nettoyés à l’aide d’un essuie-tout. Rappelons encore que les pierres ou les morceaux de choucroute en contact avec l’air peuvent permettre le démarrage de moisissures néfastes pour la conservation ainsi que pour le bon goût de la choucroute.

Le jus

Il s’agit d’un aliment de choix qui sera récolté dans un bocal lorsque toute la choucroute sera consommée et conservé au frigo. Il pourra également être stocké afin de démarrer la fermentation de légumes pauvres en sucre. L’ail, si bénéfique à la santé mais qui nous donne une haleine parfois difficile à faire accepter par notre entourage pourra être lacto-fermenté dans le jus de choucroute. Les sulfures d’allyle qu’il contient sont décomposées lors de la fermentation et n’incommoderont plus.

Matériel nécessaire :

Pot à joint d’eau de 5, 10, 15, ou 20 litres*

Essuies de vaisselle

Râpe à choucroute ou mandoline râpant assez fin

Grand couteau pour la découpe en quatre des choux et le nettoyage des trognons.

Grande bassine (qui peut accueillir votre quantité de chou coupé)

Balance pour peser le chou et pour le sel

Pilon (facultatif)

 

Ingrédients 

Variétés de choux recommandées

Il faut choisir des choux cabus blancs à pomme très serrée afin de pouvoir râper les pommes sans les laver afin de préserver les micro-organismes présents sur les feuilles. Le chou doit être bien serré, comme cela il est exempt de terre et ne doit pas être lavé et d’office est plus facile à couper

 

Ingrédients pour un pot de 10 litres :

  • Choux blancs BIO pommés nettoyés: 7 kilos. Il faut pour cela 8 à 9 kilos de choux non nettoyés. Les trognons finement râpés peuvent être incorporés.
  • Epices indispensables:
    • Sel : 5 à 8 grammes de sel par kilo de chou râpé pour un premier essai sans prendre le risque de rater la choucroute. Il est cependant possible de la réussir sans ajout de sel mais le résultat n’est pas garanti !
    • Baies de genévrier: 3 cuillères à soupe.
    • Poivre noir: 2 cuillères à soupe de grains non moulus.
    • Thym: 3 ou 4 branches réparties entre les couches.
    • Laurier: 3 ou 4 feuilles.
  • Epices facultatives:
    • Cumin: 2 cuillères à café.
    • Coriandre : 2 cuillères à café de grains non moulus
    • Cardamome en graine: 1 graine par kilo de choucroute.
    • Clous de girofle à utiliser avec parcimonie : 2 à 4 clous.
    • Ail: 3 à 4 éclats entiers ou râpés. Des quantités plus importantes (8 à 10 éclats) peuvent être apportées sans modifier le goût de la choucroute.
    • Feuilles de framboisier et / ou de cassis : quelques feuilles. Riches en bactéries lactiques, elles facilitent le démarrage d’une bonne fermentation et apportent aux légumes un goût délicieux.
  • 1 ou 2 pommes apportent un peu de douceur à la choucroute. Après découpe, il est nécessaire de les incorporer directement dans le jus afin d’éviter qu’elles ne s’oxydent et brunissent.
  • 1 ou 2 oignons découpés en lamelles sont aussitôt placés dans le pot et recouverts de jus sous peine de perdre rapidement leurs qualités nutritives. Ils favorisent un bon démarrage de la fermentation lactique. La lacto-fermentation les rend tout à fait digeste pour ceux qui ne les supportent ni crus, ni cuits.
  • L’eau: si le chou ne rend pas assez de jus (entre autres lors des années peu pluvieuses), on ajoute de l’eau salée afin que les pierres soient bien recouvertes. Mélangée à 5 à 10 grammes de sel par litre, cette eau ne devra pas être prise directement du robinet car le chlore ou autres agents désinfectants pourrait tuer les micro-organismes présents sur les feuilles de chou et indispensables au démarrage de la lacto-fermentation. On utilisera donc une eau bouillie et aérée quelques temps à l’avance ou une eau douce naturelle.

Consultations publiques de la Commission biaisées sur les nouveaux OGM dans l’agriculture

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© Adobe Stock, tous droits réservés (nouveaux OGM : consultation biaisée de la Commission)

Une voie toute tracée vers une déréglementation des nouveaux OGM

Lettre ouverte à la Commission européenne
Par Nature & Progrès, Canopea, Velt et RMRM

La Commission européenne a publié le 18 octobre son programme de travail pour 2023 par lequel elle abandonne toute prétention à maintenir les nouveaux OGM dans la législation existante sur les OGM. Ce programme montre que la Commission s’est clairement engagée à assouplir, pour certains nouveaux OGM, les exigences existantes, ou à les abandonner complètement, aux dépens de notre environnement, de notre santé et du droit de savoir et de choisir des agriculteurs et consommateurs.

Ceci va à l’encontre de l’Arrêt de juillet 2018 de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE), selon laquelle les produits issus de nouvelles technologies génétiques sont des OGM à part entière et doivent donc rester soumis à la législation européenne OGM existante qui prévoit une analyse de risques sur la santé et l’environnement, la traçabilité des produits et leur étiquetage.

Si la Commission fait fi de l’arrêt de la CJUE, des plantes produites par certaines nouvelles techniques génomiques et tolérantes à plusieurs herbicides à la fois, produisant des substances altérées et potentiellement toxiques, pourront se retrouver dans notre alimentation à notre insu. De plus, des herbicides seront utilisés en plus grande quantité sur ces cultures et dispersés davantage encore dans notre environnement et en concentration plus importante dans nos assiettes.

Une consultation publique au questionnaire non impartial

La Commission a justifié sa position notamment sur base d’une consultation « publique » réalisée cet été. Cependant, 41 organisations européennes/internationales et nationales, dont Nature & Progrès Belgique, critiquent fortement cette consultation publique trompeuse et non transparente relative à la législation européenne en matière d’OGM. Elles ont d’ailleurs adressé ce 4 octobre une lettre ouverte à la Commissaire européenne à la Santé, Madame Kyriakides. Elles y exprimaient leurs profondes préoccupations quant à la manière dont la Direction générale de la Santé a mené le processus de consultation sur les éventuels assouplissements de la législation européenne en matière de nouveaux OGM. Processus de consultation dont elle est censée tenir compte.

Déjà la consultation publique de la Commission de 3 mois clôturée le 22 juillet, basée sur un questionnaire, était caractérisée par une forte partialité quant au contenu et au choix des questions qui, ensemble, semblaient formulées dans le but d’affaiblir la réglementation existante sur les OGM. Les scénarios d’options politiques possibles pour réglementer les nouveaux OGM n’ont pas été communiqués comme il se doit dans ce type de consultation. C’est un manque de transparence flagrant !

Cette consultation a été suivie d’une autre consultation mais cette fois « ciblée » auprès de parties prenantes – choisies par la Commission mais non divulguées – dont plusieurs ONG et les Etats membres. Des erreurs manifestes dans le questionnaire ciblé ont rendu la réponse impossible pour de nombreuses ONG. Certaines ont rempli le questionnaire, mais ont dû retirer ou corriger leurs réponses par la suite. L’enquête était tout à fait unilatérale et ne répondait finalement pas aux normes pour une consultation ciblée exigées par la Commission européenne elle-même. C’est pourquoi les résultats de ces consultations ne peuvent constituer une base de décision solide et sérieuse pour une modification du cadre juridique relative à certaines nouvelles technologies génétiques dans l’agriculture.

Les signataires estiment que la consultation « ciblée » souffre des graves lacunes suivantes : elle était basée sur des opinions et des spéculations et pêchait par manque de données fiables. Les questions et les possibilités de réponses étaient formulées de manière ambiguë et/ou partiale, la sélection et la pondération des participants étaient caractérisées par un manque de transparence. L’évaluation de la durabilité et l’évaluation des risques étaient mélangées de manière inappropriée et il y avait des conflits d’intérêts chez les consultants en charge de la rédaction du questionnaire.

Si la Commission persiste dans sa volonté de libérer de toutes évaluations et de tout étiquetage les nouveaux OGM, cela aura des répercussions importantes sur la liberté de choix des consommateurs, la santé et la sécurité alimentaire, l’agriculture biologique et conventionnelle non-OGM ainsi que sur l’environnement et sa biodiversité.

En conclusion, nous demandons le maintien des nouveaux OGM dans la règlementation existante afin de pouvoir évaluer leurs risques pour l’environnement et la santé avant toute dissémination dans l’environnement et afin qu’ils soient tracés et étiquetés. Le principe de précaution de l’UE doit impérativement être appliqué aux nouvelles technologies génétiques et à leurs produits OGM.

Il est urgent que les Etats membres et le Parlement européen se saisissent de cette question et prennent connaissance de la littérature scientifique indépendante.

Le contrôle de l’utilisation des pesticides en Région wallonne

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Afin de réduire au minimum les risques pour la santé et l’environnement, l’utilisation de pesticides en agriculture est conditionnée au respect de mesures d’atténuation des risques. Si la gestion des risques liés aux pesticides est conditionnée aux modalités d’utilisation des pesticides énoncées dans les autorisations octroyées au niveau fédéral, le contrôle du respect de ces modalités d’utilisation est, quant à lui, de la responsabilité de la Ministre wallonne de l’Environnement, Madame Céline Tellier.

Nous lui avons donc écrit pour obtenir différentes informations. Découvrez notre courrier ici :

1 million de signatures valides pour sauver les abeilles et les agriculteurs

sauvons les abeilles et les agriculteurs

Le 10 octobre 2022, l’Initiative Citoyenne Européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs » a été formellement approuvée par la Commission en atteignant le million de signatures valides. Nous sommes précisément 1,2 million de citoyens européens, dont beaucoup de Belges, à réclamer une sortie des pesticides de notre environnement.

Pour rappel, l’Initiative Citoyenne Européenne demande :

  • une réduction de 80% de l’utilisation des pesticides de synthèse d’ici 2030 et de 100% d’ici 2035 dans l’UE ;
  • des mesures pour restaurer la biodiversité sur les terres agricoles ;
  • un soutien massif aux agriculteurs pour une transition vers l’agroécologie.

Concrètement, la Commission a désormais jusqu’au 7 avril 2023 pour présenter sa réponse officielle à cette ICE. Les organisateurs seront invités par cette dernière. Ensuite, une audition au Parlement aura lieu dans les 3 mois avec les députés européens. La Commission et le Parlement européen ne vont avoir d’autre choix que de répondre aux demandes des citoyens pour une agriculture exempte de pesticides chimiques de synthèse et respectueuse des abeilles.

La Belgique, 2ème pays à avoir atteint son quorum

La Belgique peut se féliciter du résultat ! En effet, notre pays a été le second Etat européen à atteindre son quorum de 15.750 signatures en février 2020. Ce chiffre était nécessaire pour faire de notre pays le deuxième pays à atteindre le quorum obligatoire dans 7 Etats permettant la validation de l’Initiative.

Nature & Progrès se réjouit de cette réussite ! L’association a, durant des mois, sollicité ses Membres et sympathisants qui se sont montrés très réactifs. Nous avons ainsi récolté des milliers de signatures via les réseaux sociaux, via la revue Valériane ou encore lors du Salon Valériane. MERCI à toutes et tous !

Et en Wallonie, qu’en est-il pour les abeilles ?

En 2017, Nature & Progrès a lancé la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides » qui vise à éliminer les pesticides au profit des alternatives. L’association est heureuse de voir que la démarche a été suivie avec l’ICE pour recouvrir, cette fois, l’entièreté de l’Europe. Nous devons œuvrer ensemble à faire supprimer de ce pas les pesticides cancérigènes, reprotoxiques et génotoxiques de notre environnement. Pour ce qui est des autres, nous devons développer les alternatives rapidement !

De la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides » découle l’étude « Plan Bee ». Elle a pour objectif d’évaluer la faisabilité agronomique, apicole et économique de semer des fleurs mellifères sur de grandes surfaces pour produire du miel et accueillir la faune sauvage. Nous venons, ce 11 octobre 2022, de clôturer les trois premières années d’étude (lire le rapport) durant lesquelles nous avons analysé l’état de l’environnement à l’aide des abeilles. Il en ressort que les abeilles mellifères et osmies sont d’excellents indicateurs de notre environnement. Elles sont intéressantes pour jauger la présence de pesticides dans l’environnement et ainsi signaliser les sites à risques de contamination. Les abeilles sont nos alliées, protégeons-les !

L’Avocate générale de l’UE recommande de limiter fortement l’utilisation des dérogations aux pesticides

CJEU dérogations aux pesticides

Cela fait vingt ans que Nature & Progrès agit pour protéger les abeilles des dégâts occasionnés par l’utilisation des insecticides néonicotinoïdes, malgré l’entêtement du secteur betteravier et des autorités. Au terme de nombreuses actions, ces insecticides tueurs d’abeilles ont finalement été interdits par l’Europe. Mais la Belgique a honteusement dérogé à cette interdiction pendant trois années consécutives…

PAN Europe et Nature & Progrès ont alors demandé à la Cour de justice de l’Union européenne de clarifier les règles d’octroi de dérogations pour les pesticides ayant été interdits en Europe. Le 8 septembre dernier, l’avocate générale à la CJUE a fait part de ses conclusions sur l’affaire aux juges européens et aux parties. S’il est suivi par les juges européens, cet avis pourrait conduire à une réduction spectaculaire des dérogations et à une meilleure protection de la santé des citoyens et de l’environnement.

Pour Nature & Progrès, l’Etat belge use et abuse de la possibilité de dérogation ouverte par l’article 53 du règlement européen n°1107/2009 encadrant la mise sur le marché des pesticides au point d’autoriser des insecticides expressément interdits en plein champ depuis 2018. Plus largement, depuis des décennies, les Etats membres de l’Union européenne prolongent artificiellement, au détour de dérogations, l’utilisation de pesticides hautement toxiques et interdits dans l’Union. Et ce, avec la bénédiction de la Commission européenne !

Devant la nécessité de clarifier certaines dispositions clés du Règlement Pesticides, le Conseil d’Etat s’est tourné, à notre demande, vers la Cour de Justice de l’Union européenne. Le 17 mars 2022, une audience importante a ainsi eu lieu à Luxembourg.

En effet, l’Avocate générale pose des conditions strictes pour l’autorisation des pesticides interdits :

  • L’autorisation d’urgence d’un pesticide interdit ne peut être octroyée qu’à titre exceptionnel
  • Un danger habituel, c’est-à-dire qui survient fréquemment, ne constitue pas un cas exceptionnel : il n’est donc plus possible d’autoriser « exceptionnellement », année après année, des insecticides néonicotinoïdes interdits pour lutter contre les pucerons en betteraves sucrières
  • L’octroi de ces dérogations doit être précédé d’un « examen diligent et impartial », qui implique une « obligation d’apprécier de manière critique et tenir compte également des informations pertinentes provenant d’autres sources (que celles fournies par l’industrie) »

Le danger pour la production agricole et le risque pour la santé et l’environnement doivent être mesurés avec la même méthode d’évaluation. Il faut des indices sérieux et concordants, ce qui n’a clairement pas été respecté par la Belgique qui a pris les dires de l’industrie pour argent comptant.

La protection de la santé et de l’environnement a plus de valeur que la garantie de compétitivité de l’agriculture. A cet égard, l’Avocate générale confirme qu’il y a un standard différent pour la santé humaine (y compris des animaux domestiques et d’élevage et donc des abeilles d’élevage) et la protection de l’environnement (y compris la santé des animaux sauvages). Toute atteinte à la santé humaine ne peut être tolérée qu’en cas de « dangers particulièrement graves » tels que des « risques concrets pour la sécurité alimentaire ». Cela conforte aussi notre position : dès qu’il y a un risque pour la santé humaine ou les pollinisateurs, des intérêts économiques ne peuvent pas l’emporter. 

Les étapes à venir

Nous espérons obtenir l’arrêt de la Cour de justice de l’UE en décembre 2022 ou janvier 2023. Cet arrêt sera ensuite transmis au Conseil d’Etat, qui devrait rendre sa décision d’ici juin 2023.

Au Salon Valériane, développer le Bio est l’affaire de tous

Inauguration Salon Valériane

© Nature & Progrès, tous droits réservés

Au mois de septembre 2022 se tenait le plus grand Salon Bio de Belgique : Valériane. Tradition oblige, chaque édition démarre par une inauguration. L’occasion de remercier tous les partenaires de Nature & Progrès et de faire le point sur le BIO en Wallonie.

Merci pour leur présence à Madame la Ministre de l’Environnement Céline Tellier, Monsieur Grégoire Clerfayt (chef de cabinet du Ministre du Climat Philippe Henry), Monsieur le Gouverneur de la province de Namur Denis Mathen, Madame l’Echevine de la Transition écologique Charlotte Mouget et l’ensemble des invité(e)s en leur titre et qualité.

Voici les éléments-clés à retenir du discours de Marc Fichers (secrétaire général de Nature & Progrès) à cette inauguration qui a accueilli plus de 120 participants.

Le thème du Salon Valériane 2022 : l’action

« A Valériane, je m’informe, j’agis, je reproduis, je partage », voilà le slogan qui a rythmé la 37ème édition du Salon Valériane. Une phrase qui résume parfaitement l’ADN de l’association Nature & Progrès Belgique.

  • Informer : informer à la mode de Nature & Progrès, ce n’est pas dire aux gens ce qu’ils doivent faire mais bien créer des espaces de rencontres et de discussions entre producteurs et consommateurs, pour que chacun(e) s’enrichisse des avis de l’autre. C’est d’ailleurs cette méthodologie qui a forgé la Bio depuis 50 ans. Concrètement, le Salon Valériane rend cela possible par plus de 200 exposants, par des conférences suivies de débats et par des ateliers d’échange de savoirs.
  • Agir : Quand on prend conscience de l’état catastrophique de notre environnement, du dérèglement climatique, de la précarité énergétique et alimentaire, il est important de ne pas laisser de côté les citoyens. Au contraire, il faut leur donner les moyens d’agir, aussi bien avec des solutions personnelles qu’avec des pistes pour la société en interpellant les décideurs politiques. Au sein de Nature & Progrès, nous aimons rendre chacun acteur de changement. Par exemple, dans le cadre de l’urgence climatique, des membres et non membres de l’association se sont informés sur les modes de vie qui permettaient de réduire l’utilisation du CO2. Les membres se sont informés et ont incités d’autres citoyens à reproduire ces gestes simples pour que chacun, dans les domaines de son choix (mobilité, énergie ou alimentation), œuvre contre le réchauffement climatique. Ce projet a été mené avec le soutien du Ministre wallon du Climat.
  • Reproduire : Vivre Bio, vivre avec les valeurs de Nature & Progrès, procure de la joie ! Pour cela, il suffit d’observer les exposants. Certes, ils espèrent vendre mais ils aiment Valériane car c’est un lieu de partage et de motivation. Les producteurs et consommateurs de Nature & Progrès se donnent pour objectif qu’un maximum de personnes mette en œuvre les principes de production et de consommation du bio. C’est pour cela que notre première cible représente les consommateurs qui n’ont pas encore saisis l’importance de consommer et de vivre Bio. L’autre cible représente les agriculteurs qui utilisent encore des pesticides chimiques de synthèse alors qu’ils pourraient mettre en place les alternatives. Si Nature & Progrès œuvre déjà pour atteindre les 30% de la SAU en bio comme le prévoit la DPR, elle travaille aussi pour faire évoluer les 70% restant qui utilisent encore le chimique dans leur agriculture.

Pour une mise en valeur des alternatives aux pesticides

Notre priorité est de diffuser au maximum les techniques alternatives aux pesticides à travers la campagne « Vers une Wallonie sans pesticide, nous y croyons ! ». Nous organisons des rencontres entre citoyens, agriculteurs bio et agriculteurs conventionnels pour que ces derniers s’inspirent de l’agriculture biologique et sortent de la dépendance aux intrants chimiques. Ce projet est soutenu par la Ministre wallonne de l’Environnement.

En matière de pesticides, la Belgique s’y connait plutôt bien… Puisque nous sommes des leaders en termes d’autorisation et d’utilisation. En ce domaine, Nature & Progrès agit pour que s’arrête la désinvolture des autorités fédérales dans les autorisations des pesticides utilisés dans le pays ou dans l’exportation honteuse des pesticides interdits.

De plus, notre vœu le plus cher est que les structures de recherche et d’encadrement régionales fassent de même. Notre environnement et notre santé en seront soulagés. Les méthodes naturelles de conduite de culture représentent la vie. Cette façon de faire, de s’informer, d’agir et de partager ses connaissances est bien entendu une déclinaison du concept « Voir – Juger – Agir » puisque le mouvement social Nature & Progrès est une association d’Education permanente.

La bio montre la voie depuis des dizaines d’années

En refusant les engrais et les pesticides chimiques, le bio permet une production végétale autonome. Voilà une solution pour le conventionnel qui se retrouve avec des prix d’intrants impayables. Pour la production bovine également, le bio prône l’autonomie des fermes. Il est d’ailleurs regrettable que la réforme de la PAC n’ait pas aidé les éleveurs à faire la transition vers des élevages autonomes. Sauront-ils encore acheter des aliments pour leur bétail avec un marché immaîtrisable ?

De nombreuses voix mettent en avant un fléchissement du marché bio depuis le début de l’année. La meilleure réaction est d’informer les consommateurs. Nature & Progrès insiste donc pour que les programmes de promotion du Bio prévus dans le Plan Stratégique Bio soient mis en œuvre. Il n’est pas normal que les budgets attendus ne soient pas libérés. Dans tous les cas, nous restons confiants et l’enthousiasme du Salon Valériane nous fortifie !

Rendons le consommateur autonome à tous points de vue

Le Salon Valériane couvre tous les aspects de la consommation : l’agriculture et l’alimentation bien sûr mais aussi l’écobioconstruction, la mobilité, et le climat, la santé et les produits d’entretien. C’est dans tous les domaines qu’il faut remettre le naturel. Au Salon Valériane, toutes les clés sont disponibles pour aider le consommateur à faire son potager, à cuisiner les viandes, légumes et farines produits par les producteurs bio locaux, à isoler sa maison, à fabriquer soi-même ses produits d’entretien, ses cosmétiques et ses peintures.

En cette période incertaine accentuée par la guerre en Ukraine, la crise climatique et la précarité énergétique, il est essentiel d’œuvrer à développer l’autonomie. Ce sera possible uniquement si nous mettons du lien entre consommateurs et artisans locaux et Bio.

Pas de messages ambigus : bio ou rien… !

Tous les exposants doivent répondre à un cahier des charges strict. Depuis toujours, le Salon Valériane, c’est du 100% bio certifié, contrôlé et donc garanti sans pesticides chimiques de synthèse et sans OGM.

« Je dis cela car depuis quelques temps, on parle de « durable » sans vraiment le définir. On voit même fleurir en Wallonie des initiatives se revendiquant agroécologiques alors qu’elles ouvrent la porte aux pesticides chimiques de synthèse ». – Marc FICHERS

Pourtant, le Code Wallon de l’agriculture est clair. Il prévoit un objectif de suppression des intrants synthétisés chimiquement. Dans un contexte où le greenwashing est devenu la norme, il est dangereux d’instrumentaliser le concept de l’agroécologie en se limitant à « minimiser l’utilisation des pesticides ». Toute l’agriculture pourrait dès lors se déclarer « agroécologique ». Alors que la vraie agroécologie, c’est celle pratiquée notamment par les producteurs bio de Nature & Progrès : une agriculture bio locale, solidaire, autonome et rentable.

Cette mauvaise définition de l’agroécologie est un fameux bon en arrière. Et la politique de la fuite en avant, dans l’utilisation des pesticides, est néfaste pour notre environnement et notre santé. Elle l’est plus encore pour les agriculteurs maintenus dans l’illusion d’un mode de production sans avenir ! Il est urgent de bien positionner ces concepts de « durable » et d’ « agroécologie » comme des moyens de faire évoluer le conventionnel et non de concurrencer ou de brouiller l’image du bio. Et bien entendu, il faut avoir l’honnêteté de dire aux consommateurs que ces concepts sont basés sur la lutte chimique et qu’ils comptent la conserver. Ce serait pure perte si ces concepts rognaient l’ambition wallonne de 30% de la SAU en bio prévue dans la DPR.

Nature & Progrès contre la pollution liée aux pesticides

Le dossier des pesticides est intrinsèquement lié à la pollution. On en retrouve dans l’eau, dans l’environnement et dans nos habitations. Les conditions d’utilisation des pesticides doivent être adaptées pour que, quand ils sont appliqués, les produits ne quittent pas le lieu de traitement. Et si c’est mission impossible ? Alors, qu’on cesse de l’utiliser ! Rien ne justifie qu’un pesticide traité sur un champ se retrouve dans nos lieux de vie. La pollution des masses d’eau et la destruction de la biodiversité obligent une transition rapide du modèle agricole pour une agriculture wallonne bio et sans pesticides.

« Le Salon Valériane a notamment pour but de faire évoluer les mentalités et nos actes sur ces problématiques. Nous souhaitons donner aux citoyens les moyens d’agir et d’être des acteurs de la transition. Si l’on devait résumer le Salon, on pourrait le qualifier du Salon de l’autonomie, du vivre Bio, du vivre Nature & Progrès. Le faire soi-même, oui mais avec les conseils des autres. » – Marc FICHERS

Ne dit-on pas que l’avenir appartient à la jeunesse ?

Nous le croyons fortement chez Nature & Progrès. Pour cette 37ème édition, nous avons inauguré un espace dédié aux Jeunes Entrepreneurs, des porteurs de projets dits ecofriendly. Nous souhaitons que ces start-ups deviennent des entreprises qui feront rayonner le Bio.

Continuons à être fiers de notre région pionnière en Europe en matière de développement du Bio. C’est ensemble qu’agriculteurs et consommateurs permettront à notre région de relever le défi de 30% de Bio en 2030. Notre alimentation et notre environnement ne sont pas qu’une affaire de décideurs politiques. C’est l’affaire de chacun(e) d’entre nous. Nous pouvons tous être acteur de changement dans nos choix de consommation et de mobilité.

Nos remerciements les plus chaleureux vont à :

  • Les fondations CYRYS et QiGreen et les entreprises qui nous soutiennent soit par des moyens financiers, soit par des conseils
  • Les 200 bénévoles qui œuvrent durant toute l’année pour ce Salon
  • Les 5.000 membres de Nature & Progrès, véritable chambre d’écho du Salon Valériane durant toute l’année
  • Les exposants de nos régions et étrangers
  • Nos partenaires médias : Vivacité, Vivre ici, L’Avenir, Moustique et Boukè
  • La ville de Namur
  • La Fédération Wallonie-Bruxelles, spécialement les services de l’inspection et de l’administration du service de l’Education Permanente
  • Le gouvernement wallon : Madame la Ministre de l’Environnement, Monsieur le Ministre de l’Agriculture et Monsieur le Ministre du Climat qui nous ont assuré de leur soutien

Les insecticides au Sulfoxaflor bientôt interdits en Belgique

Abeille sur pommier

© Adobe Stock, tous droits réservés (abeille sulfoxaflor)

Enfin ! Le Ministre Clarinval reconnait qu’un risque pour les abeilles lié à l’utilisation du sulfoxaflor en plein air ne peut pas être exclu !

La Belgique s’aligne sur la Commission européenne qui annonçait en avril dernier son intention d’interdire le Sulfoxaflor en plein champ, limitant ainsi l’usage de cet insecticide de type néoniconitinoïde aux cultures sous serre permanente. Jusque-là, le Ministre avait exprimé son « non-soutien » à la proposition de restriction européenne jugeant celle-ci « inutilement sévère », en dépit du fait que les experts européens aient reconnu en 2019 qu’il n’existait pas d’usage sûr du sulfoxaflor en extérieur pour les abeilles domestiques et bourdons.

Si c’est une très bonne nouvelle, en premier lieu pour toutes les butineuses, le délai de grâce accordé aux fabricants n’exclut pas de nouvelles pulvérisations en plein air en 2023, comme ce fut le cas cette année. Les insecticides CLOSER et SEQUOIA ont été autorisés pendant 120 jours comme moyen de lutte contre les pucerons en betteraves sucrières.

L’interdiction du sulfoxaflor en extérieur ne sera effective en Belgique qu’à partir du 20 mai 2023.

Continuons à nous mobiliser pour la réduction du CO2 !

Pendant près d’un an et demi, Nature & Progrès s’est penchée sur la question de l’empreinte carbone. Qu’en est-il ressorti ? Et que prévoyons-nous pour l’avenir ?

Visite d’une unité de biométhanisation

Visite d’une unité de biométhanisation

Début de l’année 2021, moi, Lionel Pistone, animateur Nature & Progrès jusque-là plutôt spécialisé dans le zéro déchet et les circuits-courts ; je me suis vu confier la mission de sensibiliser nos membres sur la réduction de leur empreinte carbone ! Un projet qui nous tenait à cœur car notre association souhaitait, elle aussi, apporter sa pierre à l’édifice de l’atteinte des objectifs européens de réduction du CO2. Pour rappel, il s’agit désormais d’une diminution de 55% des émissions de gaz à effet de serre pour l’année 2030 (par rapport à l’année de référence 1990) et d’une neutralité carbone pour l’année 2050 ! Autant le dire tout de suite, le chantier est titanesque…

Bien entendu, il serait facile de tomber dans le discours empreint de couardise du « c’est pas moi c’est l’autre », « quand les chinois arrêterons de polluer, je m’y mettrai », « les multinationales n’ont qu’à faire des efforts », « et les riches qui vont dans l’espace, pourquoi on les laisse tranquille, eux ? » etc. mais ce n’est pas dans notre ADN… En effet, Nature & Progrès est une association de consommateurs qui sont aussi des acteurs du changement. Nous avons un rôle à jouer et nous pouvons, à notre échelle, faire changer les choses. Sinon, à quoi bon continuer à militer, à se réunir régulièrement en locales, à organiser des conférences ou à faire visiter nos jardins lors des portes ouvertes ?!

Par où commencer ?

Durant le premier trimestre de l’année 2021, nous nous sommes réunis en petits groupes (COVID oblige) de bénévoles actifs. Ce sont des membres de Nature & Progrès qui se rencontrent régulièrement pour échanger sur l’une des quatre thématiques que porte au quotidien notre association. Ensemble, nous nous sommes approprié le dossier et nous avons discuté des préoccupations des membres, en matière de CO2. Qu’est-ce qui pollue le plus ? Les petits gestes font-ils vraiment la différence ? J’ai lu / vu aux infos que telle ou telle mesure avait un impact important ; est-ce vrai ? Dans quelle mesure ? etc. Nous avons échangé pendant de longues soirées printanières et puis je suis retourné au bureau avec une multitude de notes. J’ai alors compilé et fact-checké l’ensemble des données recueillies dans les différents petits groupes pour en faire le document intitulé « engagement sur l’honneur » que vous avez certainement vu passer si vous suivez notre projet depuis le début. Si pas, vous pouvez vous impliquer vous aussi via ce formulaire (en bas de la page).

De ce formulaire ont été extraits 10 petits gestes citoyens que chacun(e) d’entre nous peut faire pour réduire son empreinte carbone. Ces-derniers ont été compilés dans une affiche qui a été distribuée notamment lors du salon Valériane 2021 et qui sera encore distribué lors de l’édition 2022. Avec ces deux documents en support, nos bénévoles actifs ont pu devenir de véritables ambassadeurs du projet de réduction du CO2 auprès de leurs amis, leur famille, leurs voisins, etc. C’était en effet l’idée de base du projet : des citoyens qui en parlent à d’autres citoyens ; qui leur montrent que c’est possible, que l’empreinte carbone est l’affaire de tous. Chaque petit geste compte quand nous sommes des millions à les pratiquer partout à travers le monde !

Ceci, c’était la première phase du projet…
Un article complet (reprenant les différentes phases mais aussi davantage en détails les actions réalisées par nos membres) sera publié dans la revue Valériane de novembre-décembre 2022. Restez donc attentifs !

Quelles conclusions pouvons-nous tirer de cette année et demie de sensibilisation ?

Vous le lirez en détails dans le dossier de la revue numéro 158, cela n’a pas toujours été facile d’aborder le thème de la réduction de l’empreinte carbone. Parfois le public était « difficile », jusqu’à être climatosceptique, mais parfois… il n’y avait simplement pas de public ! Cette thématique, pourtant régulièrement abordée dans les médias, n’intéresserait-elle pas « monsieur et madame tout-le-monde » ? Avons-nous peur de voir la réalité en face ?

L’un des enseignements à tirer du projet « Mobilisons-nous pour réduire notre empreinte carbone », c’est que l’un des gros problèmes d’une ASBL environnementale comme Nature & Progrès, c’est « l’entre-soi ». Quand nous sommes entre convaincus, tout va bien ! La plupart de nos membres sont sensibilisés à ces questions et font déjà beaucoup de « petits gestes » (mais des gros aussi !) pour réduire leur empreinte carbone. « C’est évident ! », « je fais ça depuis 20 ans », « il y a encore des gens qui boivent de l’eau en bouteille ?? », « ça fait au moins 10 ans que je n’ai plus mis un pied dans une grande surface », « cette année, je n’ai mis qu’un sac poubelle de déchets résiduels », etc. autant de petites phrases que j’ai souvent entendu lors de réunions avec nos membres. Mais ce qui nous parait parfois évident, peut sembler inutile, voire impossible à mettre en œuvre pour certaines personnes non sensibilisées. Il est donc extrêmement important de poursuivre notre démarche par l’exemple : montrer que c’est possible, que c’est bon pour l’environnement, que cela permet de réaliser des économies, etc. Dès lors, nous devons poursuivre la sensibilisation du grand public, au travers d’animations ouvertes à tous, gratuite et partout en Wallonie et à Bruxelles.

Quelle suite pour le projet de réduction du CO2 ?

Comme indiqué précédemment, il est indispensable de poursuivre la sensibilisation à la réduction de l’empreinte carbone des particuliers. Nous avons donc décidé d’intégrer cette problématique dans trois animations gratuites à destination du grand public :

  • Le retour aux circuits-courts, cours toujours ?
  • Le zéro déchet : lubie bobo ou véritable nécessité ?
  • S’éclairer ou se chauffer en Belgique, le grand luxe ?

Vous êtes un petit groupe (association, comité de quartier, CPAS, bibliothèque, etc.) et vous souhaitez assister ou organiser une animation sur l’un de ces sujets ? Alors, n’hésitez pas à me contacter par courriel : lionel.pistone@natpro.be
Il s’agit là d’un service gratuit de Nature & Progrès à destination d’un public adulte.

Lionel Pistone

Glyphosate : rejet des preuves scientifiques du lien entre glyphosate et le cancer au niveau européen

Un nouveau rapport de l’ONG Heath & Environnement Alliance (HEAL) révèle que les preuves scientifiques des effets cancérigènes du glyphosate ont été écartées de l’évaluation scientifique qui fondera un éventuel renouvellement de son autorisation de mise sur le marché européen. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) avait conclu le 30 mai dernier que la classification du glyphosate comme substance cancérogène n’était pas justifiée. L’avis de l’ECHA sur la classification des dangers du glyphosate est une étape fondamentale dans le processus de renouvellement de cette molécule. Sur la base de cette évaluation, la Commission européenne et les États membres décideront du renouvellement de la licence du glyphosate pour 5 années supplémentaires. L’enjeu est de taille puisque la législation européenne sur les pesticides prévoit que les substances classées comme « cancérogènes présumés pour la santé humaine » soient retirées du marché. Dans le cadre de cette procédure de réévaluation du glyphosate, HEAL a examiné 11 études fournies par l’industrie en 2019 dans le cadre du dossier d’homologation. L’ONG, avec l’aide de deux experts indépendants, a constaté l’apparition de tumeurs sur les animaux testés appuyant clairement la classification du glyphosate comme « cancérogène probable » au niveau international. En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS, une référence en matière de recherche sur les causes du cancer, était parvenu à cette conclusion après avoir consulté plus d’un millier d’études.

Le glyphosate est le pesticide le plus utilisé au monde

Le Dr Peter Clausing, toxicologue et co-auteur du rapport, a déclaré : « Les animaux exposés au glyphosate ont développé des tumeurs avec des incidences significativement plus élevées par rapport à leur groupe témoin non exposé, un effet considéré comme une preuve de cancérogénicité par les directives internationales et européennes. Pourtant, les évaluateurs des risques de l’UE ont rejeté toutes les conclusions sur les tumeurs de leur analyse, concluant qu’elles se sont toutes produites par hasard et qu’aucune d’entre elles n’était réellement liée à l’exposition au glyphosate. » Les graves lacunes scientifiques et les distorsions dans l’interprétation des normes scientifiques européennes et internationales mises en évidence dans le rapport de HEAL remettent également en question la validité de l’évaluation en cours et de ses conclusions. Le Dr Angeliki Lyssimachou, responsable principale de la politique scientifique à HEAL, prévient que la non-reconnaissance du potentiel cancérigène de la substance marquerait un retour en arrière dans la lutte de l’Europe contre le cancer. Helene Duguy, avocate spécialisée dans les produits chimiques chez ClientEarth, a déclaré : « Certains des plus grands scientifiques du monde ont fait le lien entre le glyphosate et le cancer – et pourtant l’ECHA refuse d’étiqueter ce pesticide nocif comme cancérigène. Malheureusement, ce n’est pas la première fois que l’ECHA ne justifie pas de manière transparente et claire son rejet des preuves scientifiques indépendantes. C’est incroyablement inquiétant étant donné l’engagement et le devoir de l’UE de protéger ses citoyens et l’environnement des substances les plus dangereuses ». Malgré les nombreuses preuves de ses effets négatifs sur la santé humaine et l’environnement, le glyphosate reste le pesticide le plus utilisé au monde, et représente un tiers de toutes les ventes d’herbicides, soit 48.000 tonnes par an, dans l’Union européenne. L’exposition aux pesticides à base de glyphosate a également été liée à des effets néfastes sur le développement humain, la reproduction et les systèmes hormonaux, selon des preuves issues de la littérature scientifique indépendante.

En savoir plus

Législation pesticides : failles juridiques et leviers du Parlement européen

amphibien

 © Adobe Stock, tous droits réservés (législation pesticides, amphibiens)

Le 15 juin 2022, Nature & Progrès, PAN Europe et l’équipe de Secrets Toxiques ont participé à une conférence/débat au Parlement européen à Bruxelles sur les carences et les failles du système d’homologation des pesticides et sur les leviers d’actions des députés européens, notamment judiciaires, pour faire appliquer la loi.

Le règlement européen sur les pesticides (Règlement n° 1107/2009) prévoit de fortes exigences pour l’approbation de ces produits chimiques de synthèse et de leurs composants déclarés. Il vise à préserver l’environnement et la santé des effets néfastes liés à l’utilisation des pesticides. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fournissent des preuves d’un lien entre ces produits et l’effondrement de la biodiversité et certaines maladies chroniques. Dans de nombreux pays européens, l’exposition aux pesticides est reconnue comme étant à l’origine de maladies professionnelles. Ces constats invitent à identifier les failles dans la mise en œuvre des conditions d’homologation des pesticides au niveau européen et à les résoudre.

Au niveau européen, les substances actives sont autorisées par la Commission européenne sur base d’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Les conditions et critères d’évaluation fondant ces avis scientifiques doivent répondre aux exigences de la législation européenne sur les pesticides.

Or, la pratique révèle des carences majeures dans les évaluations scientifiques de l’EFSA :

  • des effets à long terme des pesticides sur la santé humaine
  • des effets causés par l’interaction entre une substance active donnée et, entre autres, les autres constituants du produit : l’effet cocktail
  • de la toxicité des co-formulants, parfois plus toxiques que les substances actives déclarées
  • de la toxicité des pesticides sur les espèces non ciblées, directement ou indirectement exposées aux pesticides dans leur environnement naturel, tels que les amphibiens et les reptiles

Par exemple, concernant les effets à long terme de la formulation représentative, la Commission européenne ne peut légalement autoriser une substance active que si une ou plusieurs utilisations représentatives d’au moins un produit pesticide contenant cette substance n’a pas d’effet nocif sur la santé humaine ou l’environnement à court ou à long terme. L’EFSA doit donc inclure ses avis une analyse du danger à long terme de cette formulation représentative. Etant donné qu’une telle analyse n’est pas incluse dans le règlement de la Commission définissant les documents requis pour l’approbation de mise sur le marché, peut-on vraiment considérer que la Commission européenne et l’EFSA se conforment aux exigences du règlement pesticides ?

Le Parlement européen pourrait demander l’annulation de l’approbation d’une substance active devant la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) au motif que l’évaluation de la toxicité à long terme n’a pas été correctement effectuée – ce que les ONG ne peuvent pas faire. Devant le manque de transparence sur les méthodes, données et résultats des analyses de toxicité des pesticides – celles-ci n’étant pas publiées – un tel recours permettrait de contrôler réellement la manière dont les tests de toxicité à long terme sont effectués.

Réécoutez les différentes interventions au Parlement européen (vidéo entière et passages coupés) :

  • 3:40 – L’évaluation des effets à long terme des pesticides sur la santé humaine (en anglais)
    Dr Andy Battentier, directeur de campagne Secrets Toxiques
  • 16 :10 – L’évaluation de l’écotoxicité des pesticides sur les espèces non ciblées (en français)
    Salomé Roynel
    Chargée de la politique et des campagnes sur l’évaluation des risques liés aux pesticides à PAN Europe
  • 31 :05 – L’intégration de la littérature scientifique dans le protocole d’évaluation (en anglais)
    Dr Angeliki Lysimachou
    Chargée de politique scientifique
    Health and Environment Alliance (HEAL)
  • 45 :58 – La décision de la CJUE du 1er octobre 2019 : un repère fondamental pour l’évaluation des pesticides (en français)
    Guillaume Tumerelle
    Avocat de Secrets Toxiques et Générations Futures
  • 1 :24 :40 – Intervention de Martin Dermine, Chargé de la politique de l’environnement et de la santé à PAN Europe (en français)
  • 1 :30 :43 – Intervention de Marc Fichers, Secrétaire général de Nature & Progrès Belgique (en français)

Mobilisons-nous pour réduire le CO2 », ça continue… Avez-vous calculé votre empreinte carbone ?

Le projet « Mobilisons-nous pour réduire le CO2 » initié par Nature & Progrès fin 2020 touche à sa fin. Pour marquer le coup, notre ASBL a souhaité organiser un événement d’ampleur réunissant les membres ayant préalablement participé aux animations, conférences ou visites de terrain sur le sujet.

Ainsi, le jeudi 9 juin, nous avions invité Carbone4 à la Bourse de Namur pour une conférence interactive et participative sur le calcul de notre empreinte carbone individuelle. L’ensemble des participants a pu se tester et mesurer ses émissions de CO2 dans des thématiques telles que l’alimentation, les déplacements, la vie quotidienne, les voyages, etc. Non seulement ils ont pu objectiver les postes les plus moins « eco-friendly » mais ils ont pu également visualiser leur trajectoire de réduction de CO2 pour parvenir aux objectifs européens de -55% par rapport à 1990. Un véritable outil interactif et individualisé !

Vous n’avez pas pu participer à la conférence interactive ? Une version gratuite et en ligne est régulièrement organisée par Cabone4 via le site.

Bien entendu, Nature & Progrès ne s’arrête pas là en termes de sensibilisation à la réduction de l’empreinte carbone des particuliers. D’ailleurs, la problématique sera désormais incluse dans trois animations gratuites à destination du grand public :

  • Le retour aux circuits-courts, cours toujours ?
  • Le zéro déchet : lubie bobo ou véritable nécessité ?
  • S’éclairer ou se chauffer en Belgique, le grand luxe ?

Pour cela, n’hésitez pas à contacter Lionel Pistone sur sa boite courriel : lionel.pistone@natpro.be

Quatre nouvelles dérogations belges pour le pesticide flupyradifurone

La Belgique octroie quatre nouvelles dérogations pour l’usage de produits pesticides à base de flupyradifurone, l’un des insecticides de type néonicotinoïde nouvelle génération mis sur le marché en 2015.

Abeille sur pommier

Ces produits sont déjà autorisés en plein air pour la production de houblon ou de fruits (raisin, pomme, poire, etc.) et sous serre pour certains légumes (courgette, aubergine, etc.) ou petits fruits (fraise, framboise, mûre, etc.). Pourtant, la dérogation – dite d’urgence phytosanitaire et relevant de la législation européenne sur les pesticides – permet d’étendre l’application de flupyradifurone à plusieurs variétés de choux (chou-fleur, chou-rave, chou de Bruxelles, chou brocoli, etc) pendant une période de 120 jours comprise entre le 1er juin et le 28 septembre 2022.

Une substance neurotoxique

Tout comme le sulfoxaflor, dont l’homologation européenne est en sursis, le flupyradifurone est une substance neurotoxique perturbant le fonctionnement du système nerveux de l’insecte ravageur ciblé (ici, le puceron et la mouche blanche) pour l’éradiquer, avec, au passage, des effets collatéraux sur d’autres insectes non visés et inoffensifs pour les cultures traitées, en particulier les pollinisateurs. Comme ce fut le cas pour les néonicotinoïdes de 1ère génération (imidaclopride, thiaméthoxame, clothianidine et fipronil) dorénavant interdits au niveau européen, les preuves scientifiques de la toxicité du flupyradifurone pour les abeilles s’accumulent.

La littérature scientifique a déjà identifié des perturbations majeures consécutives à une exposition au flupyradifurone avec un impact sur :

  • le comportement alimentaire (consommation de nectar) et de butinage,
  • la thermorégulation
  • Et la motricité de ces précieuses butineuses…

…diminuant ainsi encore davantage leur chance de survie. Pour certaines abeilles sauvages, en particulier l’abeille Megachile rotundat, le flupyradifurone présente une toxicité aigüe plus de 15 fois supérieure à celle des abeilles domestiques. Plus de 1.400 espèces d’abeilles sauvages sont des Megachile rotundat et beaucoup d’entre elles butinent les cultures et les fleurs sauvages à proximité des parcelles agricoles. De nombreuses plantes attractives pour les abeilles domestiques sont également visitées par les Megachile, qui pourraient donc être exposées à des doses de flupyradifurone présentant une toxicité aiguë, tant dans les champs agricoles qu’en dehors.

Flupyradifurone : les preuves scientifiques sont nombreuses

En permettant la pulvérisation de ces produits en plein champ et sans aucune mesure de réduction des risques (autre qu’une zone tampon de 20 mètres), l’Etat belge choisi d’ignorer les nombreuses preuves scientifiques disponibles alors qu’il devrait au contraire soigneusement évaluer toute nouvelle étude afin de compenser les lacunes du système actuel d’évaluation des risques pour préserver la biodiversité et les abeilles. Il aura fallu environ 25 ans pour interdire au niveau européen les utilisations de l’imidaclopride, du thiaméthoxame, de la clothianidine et du fipronil. Avec l’arrivée de nouveaux néonicotinoïdes, quelle chance reste-t-il aux abeilles quand l’Etat belge continue d’octroyer chaque année des dérogations temporaires à l’interdiction européenne pour ces anciens néonicotinoïdes ?

Venez mesurer votre empreinte carbone, le 9 juin à Namur

CO2

© Adobe Stock, tous droits réservés (empreinte carbone)

Quel est votre impact carbone ?

Fin 2020, Nature & Progrès a lancé le projet « Mobilisons-nous pour réduire le CO2 » en collaboration avec la Wallonie et l’AWAC. Après 2 années de rencontres et d’échange, nous vous invitons à une soirée de synthèse exceptionnelle autour de l’outil de mesure de l’empreinte carbone développé par MyCO2. Venez calculer vos émissions de CO2 (vie quotidienne, alimentation, déplacements, etc.) en direct avec nous et visualiser les efforts à fournir pour atteindre l’objectif de -55% par rapport à 1990.

Infos pratiques

LE 9 JUIN A NAMUR

  • 17H30-17H45 : accueil
  • 17h45-18h00 : introduction
  • 18h00-20h00 : conférence interactive
  • Dès 20H00 : apéro dinatoire

LIEU : La Bourse. Place d’Armes, 1 (5000 NAMUR)

Conférence participative

Venez avec votre pc portable ou votre tablette (à défaut, vous pouvez également venir avec votre smartphone).

Catering

A l’issue de la conférence participative, un apéro dinatoire convivial bio est offert pour les participants.

Inscription gratuite et obligatoire

via ce formulaire (limité à 100 personnes)

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