« Sauvons les abeilles et les agriculteurs » : les citoyens exigent la fin des pesticides

Initiative Citoyenne Européenne

© 2019, Bruxelles – Initiative Citoyenne Européenne (tous droits réservés)

En collaboration avec plus de 200 organisations à travers l’Europe, Nature & Progrès et PAN Europe se préparent à célébrer le succès de la deuxième Initiative Citoyenne Européenne (ICE) contre les pesticides, qui a recueilli plus d’un million de signatures à travers l’Europe. Si cette ICE est validée par la Commission européenne, cette dernière et le Parlement européen devront répondre aux demandes des citoyens pour une agriculture sans pesticides de synthèse et respectueuse des abeilles.

L’Initiative Citoyenne Européenne demande :

  1. une réduction de 80% de l’utilisation des pesticides de synthèse d’ici 2030 et de 100% d’ici 2035 dans l’UE,
  2. des mesures pour restaurer la biodiversité sur les terres agricoles,
  3. un soutien massif aux agriculteurs pour une transition vers l’agroécologie.

Nature & Progrès se réjouit de cette réussite ! Marc Fichers, secrétaire général indique : « En 2017, Nature & Progrès a lancé sa campagne Vers une Wallonie sans pesticides, qui vise à éliminer les pesticides en Wallonie au profit des alternatives. L’association est heureuse de voir que la démarche a été suivie avec l’ICE pour recouvrir, cette fois, l’entièreté de l’Europe. »

La Belgique, 2ème pays à atteindre son quorum

Une ICE est acceptée par la Commission européenne si elle atteint plus d’un million de signatures validées. La Belgique peut se féliciter du résultat ! En effet, notre pays a été le second Etat européen à atteindre son quorum de 15.750 en février 2020. Ce chiffre était nécessaire pour faire de notre pays le deuxième pays européen à atteindre le quorum obligatoire dans 7 Etats permettant la validation de l’initiative.

Ça fait 50 ans que l’agriculture biologique se passe des pesticides. Marc Fichers indique : « Nous demandons dès maintenant à ce que les moyens financiers alloués à la recherche des pesticides chimiques de synthèse soient utilisés pour le développement des alternatives. En effet, pourquoi l’argent public devrait servir à chercher comment optimiser les pesticides alors que les citoyens n’en veulent plus ? ». Nous devons œuvrer ensemble à faire supprimer de ce pas ces pesticides cancérigènes, reprotoxiques et génotoxiques de notre environnement. Pour ce qui est des autres, nous devons développer les alternatives rapidement !

Martin Dermine, chargé de mission à PAN Europe et l’une des principales organisations à l’origine de cette ICE, déclare : « Les citoyens belges ont massivement soutenu cette Initiative Citoyenne : la Belgique est, proportionnellement, le deuxième contributeur de voix ! Paradoxalement, la Belgique est le deuxième consommateur européen de pesticides mais nos citoyens rejettent en masse l’utilisation de pesticides de synthèse dans nos campagnes et demandent un plan de transition de notre agriculture intensive vers l’agroécologie. Il est temps que nos décideurs politiques prennent conscience de la volonté populaire de mieux protéger notre santé et notre environnement.« 

Pesticides : la Commission va devoir écouter les citoyens

Les ICE réussies imposent à la Commission européenne d’analyser et de répondre aux demandes des citoyens, tandis que le Parlement européen recevra les 7 membres du comité des citoyens lors d’une audition et aura la possibilité de rédiger et de voter une résolution basée sur les demandes des citoyens. Les organisateurs ont 3 mois pour remettre les signatures aux autorités nationales compétentes pour validation. Les autorités ont ensuite 1 mois pour valider les signatures.

Un nouveau processus délibératif chez Nature & Progrès

© Adobe Stock, tous droits réservés (processus délibératif)

Nature & Progrès met en place un panel citoyen appelé à réfléchir sur le thème : « As-tu besoin de ton voisin ? ». Notre inscription dans le champ de l’éducation permanente nous amène, en effet, à envisager une participation optimale de nos concitoyens et de nos membres dans la définition des actions mises en œuvre par notre association. D’une manière plus générale, ce nouveau mode d’action entend remédier aux critiques émergeant de notre corps social qui comprend toujours plus mal les processus décisionnels de nos représentants politiques. Il est grand temps de se mobiliser face à cette crise de la représentativité !

Par Sophie Devillers

Mais, plus concrètement, comment de telles délibérations citoyennes peuvent-elle nous permettre de voler au secours de nos démocraties en souffrance ? C’est ce que nous explique une jeune doctorante de l’Institut de Sciences politiques de l’UCLouvain…

Les symptômes d’une démocratie malade

Depuis ces dernières années, scandales et crises politiques en tous genre ne cessent de rythmer l’actualité. Entre Publifin, les formations gouvernementales interminables voire incompréhensibles et l’urgence de la situation climatique, nos systèmes politiques semblent bien impuissants. En conséquence, de plus en plus de citoyens manifestent leur mécontentement et leur perte de confiance en les institutions et les personnes qu’ils ont pourtant élues pour décider en leur nom. Jamais, en effet, la confiance des citoyens en ces structures n’a été si faible (1).

Ainsi, bien que le vote soit obligatoire en Belgique, de plus en plus de citoyens s’abstiennent de voter – ne se rendent pas à l’isoloir – ou encore votent blanc – ne remplissent aucune case sur le bulletin – ou nul – en exprimant, par exemple, leur colère par le biais d’annotations sur le bulletin. Aussi, on remarque que les familles politiques traditionnelles – libéraux, socialistes et chrétiens démocrates – voient leur succès électoral s’essouffler au profit de formations plus « antisystème » telles de que le PTB en Wallonie ou le Vlaams Belang en Flandre, dont un des leitmotivs est le rejet des structures politiques actuelles. Et ce sont peut-être d’ailleurs ces mêmes structures qui sont à l’origine du manque d’efficacité et du déficit de confiance que l’on observe aujourd’hui. Certains s’interrogent, en effet, sur la capacité d’un système plus que bicentenaire à affronter les crises qui traversent les sociétés actuelles en pleins bouleversements à tous niveaux – technique, climatique, géopolitique… – et proposent des innovations – qui sont exposées ci-dessous – avec l’espoir de donner un coup de jeune à nos démocraties.

A l’origine du mal : les élections ?

Avant d’aborder ces innovations, attardons-nous quelques instants sur une notion fondamentale : la démocratie. Finalement, c’est quoi une démocratie ? Un système qui permet à tous de vivre pleinement sa liberté de parole ? Un régime où tous les citoyens ont droit à un niveau de vie digne ? Ou encore un État où la vie privée est protégée contre les éléments pouvant y porter atteinte ? Il semble y avoir autant de manière de vivre la démocratie que d’États démocratiques…

Mais avant tout, l’élément fondamental qui semble les rassembler tous aujourd’hui est leur fonctionnement sur base d’élections. De nos jours, tous les États considérés comme « démocratiques » présentent un système de gouvernance « du peuple par le peuple et pour le peuple » (2) organisé par l’intermédiaire de représentants élus à l’issue d’élections libres et périodiques. Et c’est bien ce système qui semble être à l’origine des maux dont souffre actuellement notre démocratie. D’une part, passer par des élections structurées par des partis politiques afin de choisir les représentants du peuple qui décideront en son nom, a tendance à produire une certaine élite. Ainsi, la composition de nos assemblées est biaisée et offre une surreprésentation à certaines catégories de personnes.

Plus précisément – et si on regarde, par exemple, le Parlement de Wallonie -, on remarque entre autres que l’âge moyen des septante-cinq parlementaires est de quarante-sept ans, contre quarante pour l’ensemble de la population wallonne. La proportion d’hommes y est aussi plus élevée que dans l’ensemble du territoire wallon : 59% contre 49% (3). Enfin, le niveau d’éducation des élus est bien plus élevé que le niveau moyen de la population : 64% des parlementaires disposent d’un diplôme universitaire contre 14% pour la population wallonne. Par conséquent, les citoyens ont parfois du mal à se sentir véritablement représentés par leurs élus, qui semblent distants de leur réalité quotidienne et ne seraient ainsi pas en mesure de prendre des décisions représentant véritablement les intérêts de leur électorat, si différent.

Les cycles électoraux, quant à eux – on vote une fois tous les cinq ans au niveau fédéral et régional, et une fois tous les six ans au niveau provincial et communal -, engendrent des dynamiques de court terme où les élus ont peu de temps pour mettre en place des projets qui viendront embellir leur bilan et leur donner une meilleure image lors des élections suivantes… On remarque souvent, par conséquent, une certaine frilosité à investir dans des politiques de long terme, coûteuses en investissements et donc peu populaires, et dont les bénéfices ne se voient parfois que sur plusieurs décennies. Les enjeux climatiques, par exemple, en sont une victime collatérale.

La démocratie délibérative : remède universel ?

Toutefois, il existe aujourd’hui des modèles permettant de combler ces problèmes engendrés par un fonctionnement par élections. Et si on imaginait que démocratie et élections ne soient plus des synonymes ? Si cela nous semble compliqué aujourd’hui, des peuples ont tenté, il y a plusieurs siècles, d’autres systèmes pour gouverner leurs territoires et leurs populations, comme la Grèce antique, qui comptait des organes composés de citoyens tirés au sort pour s’occuper de la gestion quotidienne de la cité (4).

Aujourd’hui, académiques, experts, activistes, associations et même politiques s’inspirent de ces modèles alternatifs pour tenter de combler les failles de notre système 100% électif. S’il ne s’agit évidemment pas d’abolir purement et simplement les élections, il s’agit de répondre par contre à leurs principaux défauts – manque de représentativité des institutions et vision de court-terme – par des processus adjacents impliquant plus directement les citoyens, sans l’intermédiaire de leurs représentants. La démocratie délibérative, entre autres, commence à faire son chemin en Belgique. Derrière ce concept général, se cachent en réalité les « panels citoyens », les « assemblées consultatives », les « parlements citoyens » et bien d’autres formules. De manière générale, ces processus rassemblent un petit groupe de citoyens – de quelques dizaines à plusieurs centaines – aux opinions et profils divers dans le but de discuter, pendant un ou plusieurs jours, d’un sujet particulier, allant de la mobilité à la fiscalité, en passant par l’urbanisme ou l’intelligence artificielle… Pendant leurs rencontres, accompagnés d’experts du sujet et de modérateurs, ils ont pour tâche de produire des recommandations, des solutions, des points d’attention par rapport à la thématique qui leur est soumise, à l’attention des décideurs politiques.

Ces processus imposent, par ailleurs, aux participants de se confronter à des points de vue différents à propos de sujets de société parfois clivants, leur permettant ainsi de mieux comprendre le point de vue de parties adverses et de s’ouvrir à d’autres perspectives. Aussi, si ces processus sont exigeants en termes de temps et d’investissement, cet investissement n’est pas perdu, dans la mesure où les participants en ressortent souvent avec une meilleure compréhension des sujets qui les concernent et du système politique en général. Enfin, leur participation sert parfois de tremplin pour continuer leur engagement par d’autres canaux.

En Belgique, le plus célèbre de ces processus est sans doute le G1000 qui a rassemblé plus de sept cents citoyens belges tirés au sort (5), le 11 novembre 2011, pour parler de sujets tels que l’immigration, la sécurité sociale et l’emploi. Ce processus est né de l’esprit de quelques académiques et activistes, dont David Van Reybrouck, auteur d’un livre intitulé « Contre les élections » (6) et précurseur des réflexions sur le sujet, en Belgique, face à la crise gouvernementale – ou plutôt d’absence de gouvernement – qui a secoué la Belgique, cette année-là. Pendant que certains belges se laissaient pousser la barbe, ce petit groupe a mis en place un processus délibératif « 100% citoyen ». Si les politiques, en effet, ne parviennent pas à gouverner, pourquoi pas demander aux citoyens d’essayer ?

Fonctionnement et influence du G1000

Cette idée anima les organisateurs de l’évènement qui mirent un point d’honneur à intégrer les citoyens dans tout le déroulement du processus. Ainsi, les thèmes à l’ordre du jour furent choisis suite à une consultation en ligne à laquelle tous les Belges purent participer. Les thèmes qui revenaient le plus souvent furent ensuite soumis au groupe des sept cent quatre participants, ainsi qu’à l’ensemble des citoyens qui pouvaient participer à distance, soit depuis chez eux en ligne, soit dans une salle de leur commune. A l’issue des discussions, les recommandations furent transmises aux présidents des parlements du pays mais n’eurent pas, pour autant, un quelconque impact sur les politiques liées à ces sujets…

Toutefois, si l’impact du G1000 demeura plus que modeste en termes de contenu des politiques, il permit incontestablement de lancer la dynamique délibérative en Belgique. Ainsi, notre pays compta, en 2018, trente-huit processus délibératifs utilisant le tirage au sort ! Ces processus se déroulèrent à tous les niveaux de pouvoir – du local au fédéral en passant par le régional – et couvrirent une très large variété de sujets.

A l’aune de la multiplication de ces processus, il faut toutefois relever un écueil majeur auquel ils se heurtent aujourd’hui : celui de leur impact sur les politiques publiques. Si ces processus permettent, en effet, de créer du dialogue entre les citoyens – qui en sortent souvent avec l’impression d’une expérience humaine enrichissante -, ceux-ci risquent malheureusement d’être très frustrés par le peu d’impact de leur investissement sur les politiques. Souvent, les rapports contenant les recommandations des citoyens ne parviennent pas à intégrer les processus de prise de décisions et ne sont donc pas utilisés pour nourrir les réflexions du personnel politique qu’ils sont censés éclairer par le point de vue des citoyens. Ainsi, au lieu de rapprocher le citoyen du politique, ils pourraient donc l’en éloigner encore davantage par la frustration qu’engendre le sentiment d’avoir participé « pour rien » à un tel processus, chronophage et intensif.

Face à ce risque de retour de flamme, deux institutions belges ont décidé d’entériner un processus délibératif directement dans leurs structures politiques officielles. Dès 2019, la Communauté germanophone a ainsi instauré son Dialogue citoyen permanent, véritable premier Parlement « citoyen » à l’échelle mondiale, disposant d’une existence dans les textes de lois. Son Conseil citoyen se compose de vingt-quatre citoyens et se renouvèle tous les dix-huit mois. Cet organe a le pouvoir de soumettre des thématiques à la discussion d’assemblées citoyennes, composées de vingt-cinq à cinquante participants tirés au sort, en vue d’adresser des recommandations au Parlement. Les sujets soumis à ces assemblées peuvent provenir du Parlement, du Gouvernement, d’une pétition signée par cent citoyens de la Communauté, ou du Conseil citoyen lui-même, ce dernier étant souverain pour décider quel thème sera finalement soumis aux assemblées. A l’heure actuelle, le Dialogue citoyen permanent a traité de l’organisation des soins de santé et de l’éducation. Une fois les recommandations adressées au politique, ce dernier est contraint d’en effectuer un suivi : à la fois de rendre des comptes aux citoyens quant aux recommandations qui seront effectivement mises en œuvre et à celles qui sont rejetées en explicitant les raisons motivant ce rejet.

Le second Parlement à avoir sauté le pas de l’institutionnalisation est le Parlement bruxellois qui a voté, en 2020, une législation permettant d’intégrer des citoyens tirés au sort dans les commissions parlementaires. Ainsi, à la demande de mille citoyens bruxellois – par la signature d’une pétition – ou d’un groupe ou député individuel du Parlement, un sujet peut être soumis à une commission délibérative, composée de quinze élus – les membres de la commission parlementaire possédant la thématique dans ses attributions – et de quarante-cinq citoyens bruxellois, tirés au sort, âgés d’au moins seize ans. La commission de l’Environnement et de l’Énergie, à laquelle se sont ajoutés quarante-cinq Bruxellois, ont par exemple, délibéré pendant quatre journées des balises encadrant l’installation du réseau 5G à Bruxelles. Leur rapport a été transmis au Parlement qui, comme en Communauté germanophone, se doit de motiver la manière dont il compte effectuer le suivi des recommandations. Ici, la présence des élus renforce encore davantage le lien entre le processus et les instances politiques, dans la mesure où les élus participent dès le départ à coconstruire les politiques, et seront donc plus enclins à les défendre au sein de l’assemblée parlementaire, de jouer les porte-parole du processus en installant ainsi une courroie de transmission entre les recommandations des citoyens et le pouvoir en charge de les mettre en œuvre.

Une inspiration pour Nature & Progrès ?

En s’inspirant de ces expériences innovantes, Nature & Progrès a aussi voulu tenter l’aventure de la délibération en faisant participer directement ses publics – producteurs, membres et public proche de l’association – à la définition des grandes orientations de l’association, répondant ainsi notamment à l’interpellation de son groupe local de Marche qui cherche une réponse innovante à l’immobilisme du « Conseil des Locales » de l’association. L’ensemble des groupes locaux de Nature & Progrès sont donc appelés à s’associer à cette démarche ou à réfléchir à d’autres questions qui pourraient faire l’objet d’un même traitement, la volonté étant de dynamiser la participation des publics de Nature & Progrès pour qu’ils contribuent effectivement à définir les orientations de l’association.

En l’occurrence, notre association, soutenue par son Conseil d’administration, organisera, durant deux samedis du mois de mars 2022, son premier processus délibératif sur le thème « As-tu besoin de ton voisin ? ». Pendant ces deux journées, trente citoyens pourront ainsi discuter du (re)développement des tissus sociaux et des réseaux de consommation et de production locaux, en vue d’alimenter les positions de l’association sur cette thématique. Le comité de pilotage à la manœuvre de ce processus veillera à composer le panel de participants le plus divers possible, lui permettra d’échanger avec des professionnels de terrain et des experts du sujet afin d’alimenter la réflexion et les échanges.

Vous souhaitez faire partie de ce processus délibératif ? Merci de poser directement votre candidature via le bouton ci-dessous, ou en contactant Lionel Pistone – lionel.pistone@natpro.be – ou Hamadou Kandé – hamadou.kande@natpro.be.

Notes

(1) Selon des études récentes, voir notamment : Goovaerts, I., Kern, A., Marien, S., van Dijk, L., van Haute, E., Deschouwer, K. (2019). Vote protestataire ou idéologique. Les déterminants des choix électoraux au 26 mai 2019. Note sur base des données du projet EoS RepResent, Communiqué de presse.
(2) Selon la célèbre formule du président Lincoln prononcée lors du discours de Gettysburg en 1863.
(3) Sources : RTBF Info (11 juin 2019) : « Âge, salaire, niveau d’étude… Qui sont les députés qui vont siéger en Wallonie et à Bruxelles » et IWEPS
(4) Ce modèle est évidemment loin d’être idéal dans la mesure où, à l’époque, tout le monde ne jouissait pas du statut de citoyen. Ainsi, les femmes et les esclaves étaient d’office exclus du tirage au sort et ne participaient donc pas à la gestion de leur cité.
(5) Ce tirage au sort a été effectué par un « Random Digit Dialing », c’est-à-dire une composition aléatoire de numéros de téléphone, permettant ainsi de joindre des personnes au hasard dans l’ensemble de la population.
(6) David Van Reybrouck, Contre les élections, éditions Actes Sud (Babel), 2014 – existe en version téléchargeable.

Les pesticides pulvérisés dans nos campagnes contaminent jusqu’à nos chambres à coucher

Pesticides dans nos chambres : il nous reste 10 jours pour leur tourner le dos… avant qu’il ne soit trop tard !

visuel campagne ICE

Une étude lancée par l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) Sauvons les abeilles et les agriculteurs a révélé qu’à travers l’UE, la poussière des chambres à coucher des résidants ruraux contient un nombre important de résidus de pesticides. Sur 21 pays testés, la Belgique détient, de loin, le triste record de contaminations. Il nous reste 10 jours pour signer l’Initiative Citoyenne Européenne qui vise à éliminer les pesticides. Il n’existe pas d’autre moyen de les réguler que de les supprimer totalement. De plus, les alternatives existent !

Des citoyens vivant en zones d’agriculture intensive ont prélevé des échantillons de poussière dans leur chambre à coucher de 21 États membres. 30 pesticides ont été analysés parmi les 450 pesticides autorisés dans l’UE. Les échantillons étaient contaminés par une moyenne de 8 pesticides, avec un record de 23 résidus de pesticides pour la Belgique, loin devant l’Italie, avec 13 résidus.

Substances suspectées d’être cancérigènes, substances toxiques pour la reproduction ou encore perturbateurs endocriniens sont au menu du cocktail de pesticides auquel les riverains des zones traitées sont exposés.

Martin Dermine, chargé de mission chez PAN Europe, un des initiateurs de cette ICE et co-auteur de ce rapport: « La Belgique est un des plus gros consommateurs de pesticides en Europe et nous autorisons des pesticides extrêmement toxiques qui sont interdits chez nos voisins. La Vivaldi nous avait annoncé un plan ambitieux de réduction de l’utilisation des pesticides en Belgique mais nous ne voyons rien venir.« 

Dans le cadre de l’accord de gouvernement du gouvernement De Croo, un “plan ambitieux de réduction des pesticides” devrait être mis en place (en savoir plus).

Marc Fichers, secrétaire général de Nature & Progrès Belgique d’ajouter: “Cette étude ne fait que confirmer ce que les études wallonnes Expopesten et Propulpp avaient démontré : les pesticides dérivent des lieux de traitement et polluent notre environnement. Qu’est ce qui justifie cette exposition insidieuse aux pesticides ? Pour Nature & Progrès, il faut tourner le dos à ces techniques chimiques du passé et développer les alternatives aux pesticides : elles existent dans la plupart des cas et pour le reste il faut les mettre au point. Optons pour une production alimentaire respectueuse de l’Homme et de l’environnement.

Comment agir ?

Les citoyens ont maintenant les moyens d’agir en rejoignant l’initiative « Sauvons les abeilles et les agriculteurs » visant à recueillir 1 million de signatures dans toute l’UE d’ici la fin septembre. L’alliance de plus de 200 organisations a jusqu’au 30 septembre pour récolter les signatures nécessaires. Plus de 800 000 signatures ont été recueillies jusqu’à présent !

L’initiative comporte 3 demandes principales :
1. éliminer progressivement les pesticides de synthèse d’ici 2035
2. restaurer la biodiversité dans l’environnement agricole
3. soutien aux agriculteurs dans la transition vers l’agriculture biologique

Inauguration du Salon Valériane : l’occasion de faire le point sur le bio

© Nature & Progrès, Salon BIO Valériane 2021

Coup d’envoi pour la 36ème édition du Salon Valériane ! Comme le veut la tradition, l’inauguration du Salon est l’occasion de faire le point sur le bio en Wallonie ! Valériane, le plus grand Salon bio de Belgique, est préparé durant des mois et apprécié par des milliers de visiteurs. Un point commun réside parmi toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à cet événement : la joie de permettre au public de (re)découvrir le monde du bio et la volonté de permettre aux consommateurs de rencontrer les personnes qui produisent ce qu’ils consomment.

Qui oserait encore parler de niche en parlant du bio ? Selon les chiffres de Biowallonie, presque 2000 fermes sont en bio (+ 15%). 96 % des Belges ont consommé au moins un produit bio en 2020. Le marché du bio représente 890 millions d’euros. « Chaque année, la nécessité du Salon Valériane se concrétise car la bio ne cesse de progresser. » – Marc Fichers

Retour sur l’origine du bio

Il y a 50 ans, une série de consommateurs et de producteurs ont tourné le dos à l’utilisation de pesticides chimiques de synthèse et à l’industrialisation de l’agriculture. Ils voulaient des fermes en polyculture élevage où production rimait avec respect de l’environnement.
Cela a fonctionné ! Les exposants du Salon Valériane en sont la preuve. L’objectif de l’association Nature & Progrès, organisatrice du Salon, est de créer des moments de rencontres entre producteurs et consommateurs.

« Nous pensons que si le bio s’est développé, c’est grâce aux liens humains et au fait que le secteur se soit forgé par l’engagement des producteurs, consommateurs, transformateurs et organismes de contrôle qui ont œuvré ensemble à préciser les règles du bio. » – Marc Fichers

Nous devons tout faire pour conserver l’esprit fondateur du bio grâce à la participation de l’ensemble des acteurs à son évolution ! Une ferme bio doit viser la consommation locale, et non pas exporter aux quatre coins du monde. Le jour où l’on adaptera la règlementation bio pour pouvoir envoyer des frites surgelées au bout du monde, quelques acteurs du marché d’exportation seront peut-être contents mais le bio aura perdu son âme. En Wallonie, nous avons toujours réussi à préserver le bio d’une intensification à outrance. Continuons de la sorte !

Et ce n’est pas terminé puisque nous sommes à un tournant avec l’ambition de l’Europe et de la Région wallonne d’obtenir 25% à 30% de bio d’ici 2030. Pour concrétiser cette ambition, la Région s’est dotée d’un Plan de développement. Nature & Progrès s’en réjouit. Avec l’ensemble des structures bio, nous sommes prêts à relever le défi et nous sommes convaincus qu’il apportera la prospérité à nos campagnes, tout en améliorant la souveraineté alimentaire en Wallonie.

Les fondements du BIO

• Il est nécessaire de ramener la plus-value au plus près de l’agriculteurs en développant des unités de transformation des produits agricoles.
• Il est nécessaire de respecter la vision globale de l’agriculture biologique. Ne découpons pas le secteur bio en filières de production.
• Il est nécessaire de développer la recherche spécifiquement bio sur des terres bio. Si l’on vise 30% de bio en 2030, il faut maintenant affecter 30% des moyens dévolus à la recherche et à la formation pour le bio. Nous avons besoin d’une transition du modèle agricole et la recherche doit devancer cette transition. 

Vers le développement des alternatives

Le bio s’est développé pour tourner le dos aux pesticides chimiques de synthèse. Ces derniers sont dangereux, tant pour notre santé que celle de la terre. Certains d’entre eux ont été retirés du marché car il s’agit de perturbateurs endocriniens ou encore car ils présentent des risques de cancers. Les premiers à en souffrir sont les agriculteurs eux-mêmes qui, durant des dizaines d’années, ont utilisé ces produits. En France, certaines maladies provoquées par les pesticides sont d’ailleurs reconnues comme maladies professionnelles.

Il faut de toute urgence tourner le dos aux pesticides en développant les alternatives existantes et en mobilisant la recherche agronomique vers la mise au point des alternatives manquantes. Arrêtons avec ces techniques de production du passé et tournons-nous vers l’avenir ! Lorsque nous parlons des pesticides, nous regardons souvent l’usager. Or, il faudrait plutôt responsabiliser les firmes qui développent et commercialisent ses molécules ! Il faudrait donner les moyens aux agriculteurs de développer les alternatives et de responsabiliser les firmes productrices. Lorsque le scandale de l’amiante a éclaté, personne n’a poursuivi les couvreurs qui l’utilisaient. Des alternatives ont été développées et les firmes qui fabriquaient ses produits ont dû arrêter de polluer. Cela devrait être la même chose avec les pesticides !

Le point sur les nouveaux OGM

Le Salon Valériane est également l’occasion de traiter la problématique des nouveaux OGM, ces organismes qui utilisent de nouvelles techniques de biotechnologie. Nature & Progrès s’y oppose, notamment en faisant état des arguments de scientifiques indépendants. Nous avons réussi, dans un premier temps, à placer le sujet sur la table du domaine public. Ensuite, grâce au soutien d’une Fondation, nous avons activé le dossier au niveau européen.
Les firmes semencières ont modifié leurs techniques mais pas leurs objectifs. Les nouveaux OGM sont plus dangereux que les « anciens ». En effet, en plus de modifier les plantes pour les rendre tolérantes aux herbicides vendus par les firmes, les firmes modifient désormais leur contenu. Avec le forçage génétique, elles sont capables d’éradiquer des populations entières d’insectes et d’animaux.
Si les OGM n’ont rien résolu en 20 ans, les nouvelles techniques de production OGM ne permettront pas non plus de sauver l’humanité, de résoudre la faim dans le monde ou encore de lutter contre le réchauffement climatique ! Rappelons que suite à un large débat citoyen et parlementaire, la Wallonie s’est déclarée « région sans OGM ». Qu’elle le reste !

Zoom sur la problématique du CO2

Un troisième dossier d’importance est mis en avant au Salon Valériane : celui de la réduction du CO2. Il est urgent d’agir en faveur du climat. Les catastrophes de cet été nous le rappellent.
En tant qu’association d’éducation permanente avec nos membres, nous avons mené une analyse de la problématique et nous déployons une campagne avec l’aide de l’Agence wallonne de l’Air et du Climat et de la Wallonie : « Mobilisons-nous pour réduire le CO2 ». La lutte contre le changement climatique passe aussi par des changements concrets chez chacun d’entre nous dans le but de rendre notre consommation plus respectueuse de l’environnement. Un stand de mobilisation tenu par des bénévoles est prévu au Salon Valériane.

Rejoignez-vous au Salon Valériane

Valériane, c’est un lieu de rencontre et d’échange autour de l’alimentation, de l’environnement et de l’énergie. C’est aussi un lieu d’interpellation pour que chacun puisse changer son comportement vers un mode de vie plus respectueux de l’Homme et de l’environnement. Continuons à être fiers de notre région pionnière en Europe en matière de développement du bio. C’est ensemble qu’agriculteurs et consommateurs permettront à la Wallonie de relever le défi de 30% de bio en 2030.

Merci à toutes les personnes et structures qui œuvrent à l’organisation du plus grand Salon bio de Belgique ! C’est ce week-end. Nous vous y donnons rendez-vous jusqu’au dimanche 5 septembre à Namur Expo.

 

En route pour le Salon Valériane du 3 au 5 septembre à Namur

Le Salon Valériane revient en force après une année de pause avec pour thème « Dès demain, du 100% BIO et fait maison » ! Rendez-vous du 3 au 5 septembre à Namur Expo et partez à la rencontre d’exposants et de conférenciers passionnés et engagés. Afin d’éviter les files d’attente sur place, il est vivement conseillé d’acheter son entrée en ligne à l’avance. Le tarif standard est de 8,00 €. Il comprend le prix d’entrée au Salon ainsi que l’accès aux conférences.

L’atout du Salon réside dans le choix des exposants, rigoureusement validés par un comité de sélection. Ils proposent des produits de grande qualité qui sont conformes tant aux valeurs de l’association Nature & Progrès qu’à celles des visiteurs. Tous les domaines permettant une transition écologique au quotidien seront représentés au Salon : l’agriculture et l’alimentation bio, l’environnement et le jardinage bio, l’écobioconstruction, la presse et l’édition, les énergies renouvelables, l’artisanat, les textiles, la santé et les cosmétiques bio ou encore le tourisme écologique et solidaire. Plusieurs conférences sont également au programme et seront ouvertes au public durant tout le week-end. Les sujets varient : du zéro déchet humain à la permaculture en passant par les cosmétiques écologiques…

 

Un lieu d’échange et de partage

« Dès demain, du 100% BIO et fait maison », voilà le refrain qui rythmera cette 36ème édition. Nous avons voulu remettre ses fondamentaux à l’honneur avec la mise en avant des ingrédients BIO, locaux et de saison. La prise de conscience de la nécessité de cuisiner le plus possible soi-même, de cuire son pain, de faire son potager et de consommer en pleine conscience en allant droit à l’essentiel est au cœur de l’actualité.

 

Un Salon de sensibilisation mais aussi… d’ACTION

« Mobilisons-nous pour réduire le CO2 ! », c’est le projet de Nature & Progrès avec le soutien de la Wallonie et de l’Agence wallonne de l’Air et du Climat. Dès l’entrée du Salon, un stand de sensibilisation sera mis en place avec « Les 10 gestes pour réduire votre empreinte carbone ».

Mais ce n’est pas tout ! Ce sera aussi l’occasion de mobiliser un maximum de visiteurs sur deux problématiques chères à l’association : la suppression des pesticides chimiques de synthèse et la réglementation des nouveaux OGM. Il sera possible, d’une part, de signer l’Initiative citoyenne européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs ». D’autre part, le visiteur aura l’opportunité de contacter la personnalité politique de son choix au sujet des nouveaux OGM. Rendez-vous sur le salon pour être un acteur de changement !

Réduction du CO2 : retour sur la quatrième rencontre

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© Adobe Stock, tous droits réservés (habitat léger)

Après la publication de l’article de lancement du projet « Réduisons le CO2 » dans la revue Valériane n°148, certaines locales de l’association se sont montrées intéressées par l’organisation d’une causerie autour de la problématique du CO2. Voici un résumé de la quatrième rencontre… Lors de cette causerie, le point central discuté fût celui de l’habitat.

Faisant partie des quatre thématiques principales de l’association Nature & Progrès (pour rappel : jardinage, agriculture et alimentation biologique, écobioconstruction et décroissance), le sujet de l’habitat et les possibilités de se loger autrement est parfois discuté en réunion de locale. Cependant, de mémoire d’animateur, cette thématique est l’une de moins souvent abordées par les bénévoles.

Plusieurs explications peuvent être données à cela. La majorité des membres actifs au sein des structures bénévoles de l’association sont âgés et vivent au même endroit depuis de nombreuses années, la réflexion autour des habitats groupés est assez récente, de nombreux membres ont été pionniers dans l’isolation de leur maison, etc.

Néanmoins, lors de cette quatrième rencontre, les bénévoles ont souhaité mettre l’accent sur ces questions, dans l’espoir d’attirer l’attention sur l’utilisation de matériaux écologiques et durables lors de nouvelles constructions et/ou de rénovations. En effet, il est encore trop rare de voir sur le marché des biens écobioconstruits. Dans cette optique, le choix des matériaux est extrêmement important et de nombreux critères doivent être passés au peigne fin. Les bénévoles citent par exemple : l’énergie nécessaire pour fabriquer et recycler le matériau, son impact sur notre santé ou sur l’environnement, sa provenance, sa durabilité, etc.

Pénuries de bois

Les bénévoles ont également abordé les questions de pénurie et de dépendance croissante liée à la mondialisation. De plus en plus régulièrement, nous entendons aux informations et dans les journaux que le prix du bois – et de nombreuses matières premières – est en train de flamber. Certains le constatent également chez leur fournisseur. Ainsi, un membre donne l’exemple de panneaux OSB, achetés pour une rénovation il y a quatre ans au prix de 7.29€ la plaque. Actuellement, le cout de l’exact même produit dépasse les 30€ ; soit près de quatre fois le prix ! Il semblerait que ces augmentations tarifaires soient dues à une forte demande de la part des américains et des chinois.

Progressivement, des filières de bois et de matériaux de seconde main se développent. Peut-être trouverons-nous dans cette économie circulaire, une partie de la solution…

L’habitat léger

Enfin, une autre solution pour réduire notre empreinte carbone sur cette planète a été discutée : l’habitat léger. Yourtes, tiny houses, conteneurs aménagés, caravanes, etc. peuvent être des alternatives crédibles aux maisons traditionnelles. De plus en plus, nous voyons les mentalités changer et de nombreux mouvements – dont Nature & Progrès – plaident pour un allègement des contraintes normatives sur le sujet. Le cadre juridique est en effet en train d’évoluer et la volonté de vivre plus simplement, en train de se développer.

Intéressés par la thématique de l’écobioconstruction ? N’hésitez pas à contacter Lionel Pistone via lionel.pistone@natpro.be pour une visite du bâtiment écobioconstruit de Nature & Progrès (520, rue de Dave à Jambes)

Les pays européens autorisent un taux de mortalité de 10% dans les ruches

Abeille morte

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Communiqué de presse repris sur le site de PAN Europe

Lors de la réunion du conseil AGRIFISH du 28 juin, une grande majorité des États membres a soutenu la proposition de la Commission européenne de fixer le niveau acceptable de dommages causés par les pesticides aux colonies d’abeilles domestiques à 10% de mortalité. Alors que les politiciens affirment que l’accord de 10% est un succès politique, PAN Europe pense que cet accord continuera à nuire aux pollinisateurs européens et aux insectes en général. Ceci est en opposition avec la stratégie de la biodiversité de l’accord vert européen.

Suite au scandale autour de l’intoxication de milliers de ruches à travers l’UE avec des insecticides néonicotinoïdes, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait proposé en 2013 une nouvelle méthodologie pour améliorer l’évaluation des risques sur la toxicité des pesticides sur les abeilles. À l’époque, les experts des États membres s’étaient accordés sur une réduction maximale de 7 % de la taille des colonies d’abeilles mellifères due aux pesticides. Le « Bee Guidance Document » n’a jamais été approuvé par les ministres de l’agriculture de l’UE, car ils craignaient que cette approche ne retire trop de pesticides du marché. La décision du Conseil AGRIFISH met donc un terme à une saga de huit ans au cours de laquelle les États membres n’ont cessé de refuser de progresser dans l’amélioration de l’évaluation des risques liés à la toxicité des pesticides pour les abeilles. La précédente évaluation des risques datait de près de 20 ans et avait été en partie co-écrite par l’industrie des pesticides elle-même.

Martin Dermine, responsable des politiques de santé et d’environnement à PAN Europe, a déclaré : « Nous sommes très inquiets car autoriser une réduction de 10% de la taille des colonies d’abeilles domestiques signifie que nous acceptons un impact important de l’utilisation des pesticides sur les insectes. Cela permettra de maintenir sur le marché des pesticides qui sont un des principaux moteurs du déclin des pollinisateurs en Europe« .

En 2013, à l’issue d’une démarche scientifique, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) était parvenue à la conclusion qu’après une exposition à un seul pesticide, une colonie d’abeilles domestiques pouvait survivre jusqu’à une réduction de 7% de la taille de la colonie.

Martin Dermine d’ajouter : « L’approche est biaisée : les États membres et la Commission européenne fondent leur décision sur un scénario d’exposition unique alors que dans la vie réelle, nos pollinisateurs sont exposés quotidiennement à des cocktails de pesticides et autres produits chimiques toxiques. Il est également prouvé que les pesticides augmentent la sensibilité des abeilles aux agents pathogènes. Cet aspect n’est pas du tout pris en compte« .

PAN Europe avait demandé une « réduction acceptable » de 5% maximum pour tenir compte du manque de protection lié aux nombreuses lacunes de l’évaluation des risques.

Martin Dermine de conclure : « La Commission européenne et les États membres créent ici une situation d’inégalité de traitement : alors qu’un apiculteur sera obligé d’accepter qu’un autre agriculteur tue jusqu’à 10% de ses abeilles en utilisant des pesticides, que dirait un producteur de porcs si ses porcelets perdaient 10% de leur poids d’un jour à l’autre chaque semaine ?« .

La Commission européenne s’est engagée à commencer à restaurer la biodiversité en Europe d’ici 2030 dans le cadre de la stratégie pour la biodiversité du Green Deal. PAN Europe, conjointement avec environ 200 organisations en Europe dont Nature & Progrès, plaide pour une agriculture respectueuse des abeilles et sans pesticides dans le cadre de l’initiative citoyenne européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs » qui a recueilli plus de 600 000 signatures dans toute l’UE.

 

La position de Nature & Progrès

Nature & Progrès est également très active dans ce dossier. Nous ne voulons plus d’une production alimentaire qui exploite la nature ou qui comme ici « évalue / gère » les dégâts qu’elle crée sur le milieu naturel. L’Homme et la nature doivent vivre en symbiose ! De plus, nous avons interpellé les parties prenantes de ce dossier pour qu’elles tournent le dos à une tolérance d’un certain pourcentage de destruction des ruchers.

Nouveaux OGM : ruine sociale et danger en cas de déréglementation

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En ce moment, une problématique importante est à l’agenda politique national et européen : celle de la possible déréglementation des nouveaux OGM produits par de nouvelles technologies de génie génétique. Une déréglementation de ces nouveaux OGM aurait de multiples conséquences délétères.

Elle précipiterait, d’une part, une ruine sociale car l’agriculture serait aux mains de quelques semenciers producteurs à la fois de semences manipulées et de pesticides. Dans les pays où ils se sont développés, les OGM ont rendu l’agriculteur dépendant à l’industrie semencière et à la culture au départ des pesticides (plus de 95% des OGM étant des OGM résistants aux herbicides). D’autre part, elle serait un danger pour la santé et l’environnement (voir exemples concrets dans notre brochure de vulgarisation p. 18 et 19). Il est donc impératif de laisser ces nouveaux OGM dans la Directive 2001/18. Il est capital qu’une analyse de risque sur la santé et l’environnement soit effectuée, au cas par cas, avant toute libération dans le milieu extérieur. Les consommateurs européens déjà opposés aux OGM doivent pouvoir compter sur leur traçabilité et leur étiquetage. La Wallonie doit travailler des produits de qualité !

 

Arguments pour la déréglementation des nouveaux OGM et contre-arguments

Ci-dessous, quelques arguments (A) de la Commission et de l’industrie pour déréglementer ces nouveaux OGM ainsi que des contre-arguments (CA) de scientifiques indépendants :

Erreurs génétiques

A. Les techniques d’édition du génome engendrent des erreurs génétiques du même type que la sélection conventionnelle, donc les mêmes risques. Il n’est ainsi pas justifié de leur imposer différents niveaux d’analyse de risques (RA) => une exemption de la Directive 2001/18 est donc proposée si caractères intentionnels sont déjà acquis par sélection conventionnelle.
C.A. Ceci est une hypothèse non testée. Les nouvelles technologies permettent de réaliser des modifications simultanées ou successives des gènes. Il y a donc production de plus d’effets non-intentionnels. La technologie conditionne la nature et la quantité des erreurs génétiques. Les techniques d’édition du génome doivent subir une analyse de risques (RA) plus approfondie et la législation existante est assez flexible pour ajuster les standards du RA. A l’instar de la transgénèse, les techniques d’édition du génome ne sont pas maîtrisées.

Méthodes de détection

A. Les méthodes de détection détectent jusqu’à de petites altérations du génome. Mais les mêmes altérations que pour les techniques d’édition du génome peuvent se retrouver dans la sélection conventionnelle non soumise à la Directive OGM. L’industrie trouve difficile de satisfaire la Directive OGM et donc de fournir une méthode de détection fiable.
C.A. Des méthodes de détection peuvent être développées si l’information sur les changements génétiques est donnée (cf pour obtention brevet). Il existe aussi un manque et un retard dans le financement de la recherche des méthodes de détection par la Commission et les Etats membres.

La législation

A. La législation est à baser sur les caractéristiques du produit final plutôt que sur la technologie.
C.A. Les importantes différences entre les techniques utilisées (dont la phase culture de cellule) engendrent des différences de composition entre la sélection conventionnelle et l’édition génome dues à la qualité et à la quantité des effets non intentionnels inhérents à ces nouvelles techniques. Il importe donc de baser la législation sur la technique comme sur le produit, comme c’est le cas actuellement.

L’étiquetage

A. L’étiquetage des nouveaux OGM est important mais certaines parties prenantes sont opposées à continuer cet étiquetage.
C.A. La liberté du sélectionneur, de l’agriculteur et du citoyen/consommateur de savoir et choisir ne peut être supprimée. Refus des OGM « cachés » y compris dans la filière bio.

Bénéfices/risques

A. A propos de la balance bénéfices/risques : en ce qui concerne les bénéfices, la Commission estime que les nouvelles techniques peuvent promouvoir la durabilité de la production agricole (voir stratégies « Green Deal » et « Farm to Fork » et biodiversité). En ce qui concerne les risques, la Commission pense que ne pas utiliser les produits des nouvelles technologies constitue un risque.
C.A. Les bénéfices sont hypothétiques (cf promesses non tenues par l’industrie, dont la réduction de la dépendance relative aux pesticides alors que, après 20 ans, 99% des OGM sont tolérants aux herbicides accumulés dans leurs cellules et/ou contiennent des insecticides dans leurs cellules). Risques : solutions technologiques plutôt que systèmes agroécologiques profitant à la société dans son ensemble.

ADN étranger

A. ADN étranger : proposition d’exempter les produits des nouvelles techniques de la Directive OGM si aucun transgène n’est inséré.
C.A. Dans la plupart des technologies d’édition du génome : il est pratiqué une phase de transgénèse aléatoire en amont du processus ciblé pour que la cellule hôte fabrique elle-même la protéine constitutive du ciseau moléculaire qui coupe l’ADN en des endroits choisis.

 

En savoir plus de manière simplifiée

Vous l’aurez compris, Nature & Progrès s’oppose à la déréglementation des nouveaux OGM, notamment en faisant état des arguments de scientifiques indépendants. Le dossier étant fort technique, il est difficilement accessible au citoyen non initié. Or, pour l’association, chaque positionnement doit se faire en toute connaissance de cause. Il est donc urgent d’impliquer le grand public dans le débat relatif aux nouveaux OGM et de recourir à une vulgarisation de qualité expliquant clairement les risques et les enjeux encourus. C’est la raison pour laquelle nous avons publié la brochure pour le grand public « Non aux OGM cachés », un document d’information structuré et vulgarisé.

Envie de marquer votre soutien et d'agir ?

Au plus nous interpellerons les politiciens, au plus notre action aura de poids.
Nous vous invitons à téléchargez le courrier pré-rempli ci-dessous, à le signer et à le renvoyer à l’acteur politique de votre choix (Ministre fédéral, Ministre régional, Bourgmestre).
Merci de nous informer du suivi.

Je télécharge le courrier pré-rempli

Réduction du CO2 : retour sur la troisième rencontre

semences jardin

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Après la publication de l’article de lancement du projet « Réduisons le CO2 » dans la revue Valériane n°148, certaines locales de l’association se sont montrées intéressées par l’organisation d’une causerie autour de la problématique du C02. Voici un résumé de la troisième rencontre…

Lors de cette causerie, le point central discuté fût celui du jardinage !

Thématique importante de l’association Nature & Progrès, le jardinage est souvent au cœur des discussions entre bénévoles actifs des locales. Que ce soit lors des portes ouvertes ou via des animations sur les semences et la perte de biodiversité, la sensibilisation au jardinage nourricier et respectueux de l’environnement a une place centrale au sein de notre association.

Pourquoi ?

Parce qu’acheter ses fruits et légumes dans une grande surface traditionnelle, c’est tomber à coup sûr sur des aliments bien calibrés, très résistants, beaux mais… sans gout ni valeur nutritionnelle. De plus, ils sont souvent disponibles en toutes saisons et ont parfois parcourus des milliers de kilomètres avant de se retrouver dans les étalages du supermarché. Tout cela a, bien entendu, un impact environnemental conséquent.

La base de l’alimentation, c’est la semence !

Jardiner est un acte citoyen de résistance : pour lutter contre la dépendance aux échanges internationaux et tendre vers l’autonomie.

Mais pas n’importe quelle semence… Pour nos jardiniers bénévoles, il est extrêmement important de bien sélectionner sa semence. En effet, sans rentrer dans les détails, ils soulignent le nombre croissant d’hybrides F1 disponibles sur le marché (dans les grandes surfaces, les magasins de bricolage, les jardineries, etc.). Le problème étant que ces semences sont génétiquement appauvries et qu’il sera inutile de tenter de les reproduire pour l’année suivante. Il faudra donc systématiquement en racheter et faire ainsi le jeu des grandes firmes semencières qui exploitent la misère dans certaines régions du monde.

Quelles solutions envisagées par les membres actifs de la locale ?

Pour les bénévoles, il est indispensable de continuer la sensibilisation envers le grand public. En effet, plus les citoyens seront au fait des pratiques de l’industrie et des firmes semencières transnationales, plus ils s’en détourneront. Deux possibilités s’offrent alors à eux : soit ils soutiennent des petits maraichers et paysans locaux et bio ; soit ils cultivent eux-mêmes et tendent vers l’autonomie alimentaire.

Pour cela, les bénévoles actifs notent qu’il est primordial de sans cesse échanger et partager les bonnes pratiques avec d’autres jardiniers amateurs. Les portes ouvertes des membres de Nature & Progrès sont un excellent moyen de communication pour apprendre mais aussi pour susciter des vocations ! Les échanges de savoirs et de savoir-faire entre jardiniers et entre générations doivent être largement encouragés.
Enfin, ils soulignent l’importance de créer et de faire vivre les initiatives qui vont dans le sens d’une plus grande autonomie : les grainothèques, les jardins partagés, les maisons de la semence, les bourses d’échanges citoyennes, etc.

Vous souhaitez, vous aussi, partager vos réflexions ou votre expérience avec nous ?
N’hésitez pas à contacter Lionel Pistone via lionel.pistone@natpro.be

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Le Ministre Clarinval soutient une augmentation des mortalités d’abeilles dues aux pesticides

Visuel abeilles

Dans le cadre d’une discussion traînant depuis 2013, la Belgique soutient une mortalité acceptable de 23% des abeilles, suite à une exposition aux pesticides. Par comparaison, la Suède, la France ou les Pays-Bas soutiennent un maximum de 7% acceptable. Le Ministre Clarinval place notre pays du côté des pays pro-pesticides, aux côtés de l’Espagne, de la Grèce ou encore de la Hongrie.

 

Depuis 2013, la Commission européenne essaie de se mettre d’accord avec les Etats membres afin de moderniser le système d’autorisation des pesticides. En effet, le système toujours en place date de 2002 et a été co-écrit par l’industrie des pesticides, ce qui a permis à des pesticides hautement toxiques pour les abeilles, comme les néonicotinoïdes, d’être pulvérisés dans notre environnement. En 2013, une mortalité des abeilles jugée “acceptable” de 7% avait été déterminée par les experts mais attendait depuis d’être validée au niveau politique, suite à un lobbying intense du lobby agro-chimique.

Afin de tenter de débloquer la situation, la Commission européenne a finalement décidé de ré-ouvrir les discussions sur le niveau acceptable de mortalité. Pour ce faire, elle a mandaté l’agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) de travailler sur une nouvelle approche. Pour ce faire, l’EFSA a proposé plusieurs approches aux Etats membres dont une qui utillise un modèle mathématique co-produit par l’industrie des pesticides (Syngenta) et fortement promue par le lobby des pesticides. Une majorité des Etats membres, dont la Belgique, a soutenu l’utilisation de ce modèle, lors de discussions secrètes et sans débat scientifique et démocratique. Les Etats membres ont ensuite été invités à décider ce qu’il faut considérer comme un niveau acceptable de mortalité. Notre Ministre fédéral de l’Agriculture, David Clarinval, soutient, devant le parlement fédéral, une mortalité acceptable de 23% alors que les Pays-Bas, la France et la Suède soutiennent 7%.

La Belgique, mauvais élève en matière de pesticides

Martin Dermine, coordinateur de projet chez PAN Europe a déclaré : « Les scientifiques indépendants sont critiques quant à l’utilisation de ce modèle de la firme Syngenta mais nos autorités n’en ont que faire. Maintenant, le Ministre Clarinval nous met du côté des pays voyoux d’Europe en matière de pesticides : Espagne, Grèce, Hongrie, qui militent en faveur d’une protection minimale de l’environnement et d’autoriser d’un maximum de pesticides ».

Marc Fichers, secrétaire général de Nature & Progrès Belgique d’ajouter : « Encore une fois, en lieu et place de supprimer les pesticides nocifs pour les abeilles, on minimise leur impact en relevant les normes. C’est une honte ! Les populations d’insectes et en l’occurrence les abeilles sont dans un état lamentable, rien ne justifie de continuer à détruire notre environnement ! ».

Martin Dermine conclut : « Le Ministre Clarinval, dans sa réponse parlementaire, se cache derrière l’EFSA en prétendant que le chiffre est scientifique alors qu’il est éminemment politique : quel niveau de protection donnons-nous à nos pollinisateurs ? Le Ministre a décidé de soutenir plus de pesticides toxiques dans notre environnement et moins d’abeilles ! ».

Les Etats membres de l’Union européenne sont invités à tenter de se mettre d’accord sur une mortalité acceptable lors du prochain Conseil européen des Ministres de l’Agriculture les 28-29 juin 2021.

La Belgique est un des plus gros consommateurs de pesticides et, contrairement à d’autres pays tels que le Luxembourg ou les pays scandinaves, les pesticides les plus toxiques de l’Union européenne y sont autorisés. De plus, la Belgique recourt énormément au système de dérogations, permettant d’utiliser des pesticides hautement toxiques et interdits par l’Union européenne, par exemple les néonicotinoïdes ou le mancozèbe (toxique pour la reproduction et interdit en Europe).

Sauvons les abeilles et les agriculteurs

Nature & Progrès et PAN Europe font partie d’une coalition de plus de 200 organisations qui soutiennent l’initiative citoyenne européenne Sauvons les abeilles et les agriculteurs. Cette initiative a déjà récolté plus de 600 000 signatures à travers l’Union européenne et la Belgique est proportionnellement le 2e pays en termes de signatures. Cette initiative demande une agriculture favorable aux abeilles en réalisant une transition sur 15 ans pour substituer les pesticides de synthèse par les alternatives existantes. »

 

Marc Fichers
Secrétaire général, Nature & Progrès
marc.fichers@natpro.be
www.natpro.be

Martin Dermine
Environment and health policy officer, PAN Europe
martin@pan-europe.info
www.pan-europe.info

 

Il était une fois la librairie écologique

Carole et Dominique à la librairie

Carole et Dominique à la librairie écologique © Nature & Progrès

Familial, accueillant et chaleureux riment avec la librairie écologique de Nature & Progrès. Composée de plus de 5.000 ouvrages sur des thématiques bien précises, cette mine d’informations a bien évolué depuis sa création. Découvrez l’histoire de la librairie à travers nos deux libraires que l’on ne met pas assez en avant : Carole et Dominique.

L’évolution de la librairie

Carole a commencé sa carrière chez Nature & Progrès en 1994. Elle avait été engagée, à l’époque, pour la gestion et la création d’un centre de documentation. Une autre personne s’occupait essentiellement de la librairie, environ une fois par semaine.

Au vu de l’évolution du numérique, Carole a petit à petit informatisé toute la librairie. Car oui, avant, tout était écrit à la main dans des petits carnets. La charge de travail étant beaucoup trop grande que pour être effectuée seule, Dominique a rejoint l’équipe en 2001. Elle a travaillé en tant que libraire et polyvalente pour le personnel : archives, courriers, etc. Au fil des années, Dominique finit par occuper de plus en plus de fonctions au sein de la librairie. La polyvalence a donc été mise de côté pour qu’elle puisse se consacrer à 100% à la librairie écologique.

Aujourd’hui, Dominique s’occupe plus particulièrement du site avec l’aide d’Anne, la Webmaster, tandis que Carole prépare avec soin les commandes, fait les réassorts, etc.
Cela fait 20 ans que le binôme s’entend à merveille !

La part du travail que les deux libraires préfèrent…

Carole adore le contact. Il est alors évident qu’elle apprécie échanger avec les clients et les conseiller au mieux. Dominique aime s’occuper de la boutique en ligne et participer au Salon Valériane dans lequel l’ensemble de la librairie s’y retrouve le temps d’un long week-end.

Le plus de la librairie écologique ?

Notre librairie est la seule à être « écologique » en Wallonie. Elle est spécialisée dans diverses thématiques comme le jardinage, le bio, la santé naturelle, l’alimentation et l’écobioconstruction.

« Notre force, c’est vraiment le conseil ! » Carole et Dominique accueillent toujours la clientèle avec le sourire et ont un lien particulier avec celle-ci. Un grand nombre des clients viennent chercher des conseils ou parfois simplement pour papoter avec elles.

Nos libraires sauront-elles choisir un seul livre « coup de cœur » ?

Dominique raffole des livres sur le jardinage. C’est une des raisons pour laquelle elle choisit sans hésiter le livre « Le guide du jardin bio » de Terre Vivante. De plus, il a une place particulière dans la panoplie d’ouvrages sur cette thématique : « c’est La bible du jardin » dit-elle.

Carole, quant à elle, ne sait pas choisir ! Puisqu’en 27 ans de carrière chez Nature & Progrès, elle a déjà acheté tellement de livres qui lui plaisaient qu’il est impossible pour elle de faire un choix !

Pauline DES TOUCHES

Faire la lumière sur les co-formulants des pesticides

Champ pulvérisé

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L’impact des pesticides chimiques de synthèse sur la santé est indéniable ! Si certains ont des effets létaux, bon nombre d’entre eux ont des effets endocriniens ou génotoxiques. Dès lors, il n’est même plus question d’évaluer la dose : même avec des concentrations infinitésimales, nous sommes empoisonnés !

La mise sur le marché des matières actives fait l’objet d’une règlementation au niveau européen. A titre d’exemple, pour le glyphosate, ce sont les instances européennes et des pays rapporteurs qui vont instruire le dossier (qui sera revu en 2022) pour, nous l’espérons, l’interdire définitivement.

Mais une matière active d’un herbicide n’est rien sans ce que l’on appelle les « co-formulants ». Il s’agit d’un ensemble de composés chimiques qui facilitent l’action de la matière active.

  • Des mouillants qui permettent au produit pulvérisé de s’étendre sur les feuilles ;
  • Des mordants qui favorisent la pénétration du produit dans le végétal ;
  • Des collants qui limitent le lessivage par la pluie.

« Rien de bien méchant » pourrait-on dire avec des savons et des tensions actifs. Sauf que, sous prétexte que ces formulations soient adaptées à chaque région, ce sont les Etats membres qui ont la compétence pour autoriser (ou non) les formulations des co-formulants. Le contenu d’un flacon de pesticides est sous la compétence des Etats membres. En Belgique, c’est le Ministre fédéral de l’Agriculture qui en a la responsabilité.

Des secrets toxiques ?

Bien entendu, sous prétexte de « secret industriel », les matières constituantes de ces formulations sont tenues secrètes. D’ailleurs, lorsque l’on se rend dans les locaux de l’administration, c’est à peine si on ne vous demande pas vos empreintes digitales. Tout est fermé et cadenassé !

Des pesticides qui évoluent au cours du temps

Le glyphosate, la matière active vendue depuis 45 ans sous le nom de Roundup, a vu son efficacité évoluer avec le temps. Il y a 30 ans, on déconseillait de traiter cet herbicide si la température ambiante était inférieure à 10°C. Un traitement dans ces conditions n’avait aucun effet désherbant. Aujourd’hui, même en période de gel, un traitement provoque la destruction des plantes. Or, la matière active est toujours la même : le glyphosate reste du glyphosate ! Ce qui a donc été modifié, c’est la formulation. Il est vrai que les conditions d’analyse des formulations sont beaucoup plus sommaires que les analyses des matières actives.

Dans les étalages des jardineries, nous voyons apparaître des herbicides à base de produits dits « naturels » comme de l’acide pélargonique ou de l’acide acétique. Ils présentent des effets herbicides surprenants.

En France, le professeur Gilles Eric Serralini a analysé les co-formulants de ces herbicides et a mis en avant la présence de produits dangereux : des métaux lourds et des métalloïdes comme l’Arsenic, le Cuivre, le Plomb ou le Nickel. Des hydrocarbures polycycliques aromatiques ont également été détectés dans 12 d’entre eux. Certains, comme le benzo(A)pyrène, sont des cancérogènes reconnus par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) … sans qu’il n’en soit fait mention sur l’étiquette ! Lire l’étude sur le sujet

Et en Belgique que fait-on avec les co-formulants ?

Des associations, dont Nature & Progrès France, ont constitué l’association Secrets toxiques pour faire retirer de la vente ces produits. En Belgique, Nature & Progrès et le PAN Europe ont décidé de se saisir de cette question. Nous venons d’interpeller le Ministre fédéral de l’Agriculture afin de faire la lumière sur les formulations de pesticides. Cfr lettre en annexe

Notre volonté est d’analyser la composition de ces produits et d’en exiger le retrait s’ils venaient à contenir des produits susceptibles de nuire à la santé et à l’environnement. Il serait honteux de faire croire aux jardiniers amateurs qu’ils pulvérisent de l’acide acétique (du vinaigre) alors qu’il s’agit en réalité de produits hautement toxiques.

Ce dossier nous conforte dans notre volonté de tourner le dos à tous ces pesticides chimiques de synthèses et de mettre en œuvre les alternatives. Découvrez-en plus à travers notre campagne « Vers une Wallonie sans pesticides ».

Créer son compost : un acte écologique et économique

Photo de compost

© Adobe Stock, tous droits réservés (compost)

Saviez-vous que le compostage permet de réduire d’un tiers vos déchets ? Et de fertiliser naturellement et à moindre coût les plantes à base de nos déchets organiques ? Voici quelques conseils pour la création d’un compost accessible à tout type d’habitat… Concrètement, le compostage est un procédé de transformation biologique des matières organiques en présence d’eau et d’oxygène. Une méthode plutôt simple certes, mais qui nécessite tout de même quelques connaissances ! 

 

Etapes à suivre pour un bon compost

Premièrement, il est important de mélanger les différents déchets organiques entre eux. Vous pouvez y inclure des ordures ménagères ou encore des petits déchets du jardin. Deuxièmement, afin de favoriser l’action des micro-organismes et d’homogénéiser le tout, il est important d’aérer et de brasser les déchets organiques. Troisièmement, le compost doit toujours être légeremment humide. Arrosez-le au besoin.

Vous habitez en appartement ?

Et vous ne possédez pas de balcon ? Il existe une solution pour vous ! Le « compostage collectif » commence à se mettre en place de plus en plus. Ce type de compostage consiste à mettre ses déchets dans des bacs collectifs partagés avec vos voisins d’immeuble ou de résidence. En contrepartie, vous récupérez gratuitement du terreau 100 % naturel pour vos plantes d’intérieur ou encore votre potager partagé.

Les avantages du terreau « fait maison »

Avoir un compost chez soi, c’est avant tout faire un geste écologique ! Cela permet de réduire le volume de déchets ménagers enlevés collectivement. Ce qui signifie : moins de transport, moins d’espace occupé dans les décharges et moins d’incinération.

Ensuite, votre jardin vous remerciera. Le compost permet de favoriser la vie du sol, d’améliorer sa fertilité mais aussi sa teneur en humus. N’hésitez plus et mettez en place un compost chez vous !

Une astuce ? Vous pouvez vous rendre en ferme ou dans un manège près de chez vous et demander du fumier de cheval, vache, âne ou chèvre. Faites-le ensuite composter ! Attention cependant à bien faire monter la température du compost si vous ne vous êtes pas rendu(e) en ferme biologique. Cela permettra d’éliminer certaines molécules en cas de présence de vermifuges.

Pour en savoir plus sur le compost

Dans notre rubrique en collaboration avec Vivacité, Laura Vlémincq vous conseille le livre « Je réussis mon compost et lombricompost » (Ludovic Martin & Pascal Martin – Editions Terre Vivante). L’ouvrage est disponible à la librairie écologique de Nature & Progrès (Rue de Dave, 520 – 5100 Jambes) ou sur la boutique en ligne. Bonne lecture !

Vous y découvrirez les techniques pour réaliser un compost :

  • sans y passer des heures,
  • de manière ludique,
  • grâce à des pas-à-pas illustrés.

Laura Vlémincq et Pauline Des Touches 

Plan BEE: le miel est-il une alternative au sucre de betterave?

Plan Bee de Ciney vu d’en haut © Nature & Progrès

Certaines cultures comme la betterave sucrière sont de trop grandes consommatrices en pesticides… des pesticides chimiques de synthèse qui ont un réel impact sur notre environnement, dont la survie de nos chères abeilles. C’est de ce constat qu’est né le projet « Plan Bee » dans le cadre de la campagne de Nature & Progrès « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ! ». L’association s’est demandé s’il était possible d’augmenter la production d’autres sucres plus respectueux de l’environnement, comme le miel des abeilles mellifères ! Les premiers résultats de l’étude sont publiés.

Une chose est certaine, pour avoir davantage de miel, il faut implanter davantage de cultures mellifères sans l’utilisation de pesticides. L’étude « Plan Bee » vise donc à étudier la faisabilité agronomique, apicole et économique de semer une diversité de fleurs sur grandes surfaces (sans engrais ni pesticides chimiques de synthèse) pour produire une multitude de produits agricoles (miel, fourrages, farines, huiles, condiments, etc.). Cela tout en accueillant l’entomofaune sauvage.

Quatre parcelles… et de nombreux partenaires !

L’étude se déroule sur des terrains de protection de captage d’eau de la SWDE dans les communes de Ciney, Orp-Jauche, Gerpinnes et Pont-à-Celles en Wallonie. De nombreux partenaires nous soutiennent également, à savoir : la Société Publique de Gestion de l’Eau, des apiculteurs, agriculteurs, semenciers, transformateurs, bénévoles, des laboratoires de recherche wallons, etc.

Un volet environnemental, agronomique et apicole

1. Environnemental

Des observateurs ont fait un inventaire de la flore sauvage et cultivée des différents sites d’étude. Une diversité d’insectes des ordres des Hyménoptères (abeilles mellifères ou solitaires et bourdons), Diptères (mouches comme les syrphes), Lépidoptères (papillons) et Coléoptères a pu être inventoriée sur une plateforme d’identification participative.

Plan Bee de Ciney © SWDE

Des échantillons de pollen et de pain d’abeille mellifères et solitaires ont été récoltés et analysés en termes de résidus de pesticides et d’origine botanique des fleurs butinées . Des résultats pilotes réalisés sur le site de Ciney en été 2019 montrent la présence de petites quantités (0,1 à 7 µg/kg) de pesticides dans le pollen et pain d’abeille des abeilles mellifères. Au niveau des résultats prélevés en 2020 pour les abeilles solitaires à Ciney et Orp-Jauche, nous observons des résidus d’herbicides.

Le sol et l’eau des captages ont également été analysés en termes de résidus de pesticides. A Orp-Jauche, les résultats de sol montrent la présence de 5 herbicides et 5 fongicides : molécules très rémanentes dans les sols. Heureusement, parmi les 3 néonicotinoïdes (insecticides) recherchés (imidacloprid, clothianidin et thiamethoxam), aucun n’a été détecté. Les eaux des captages des sites, quant à elles, ne dépassent pas les normes de potabilité.

2. Agronomique

L’étude n’a pu être réalisée qu’à Ciney (12 ha) jusqu’à présent. Une diversité de cultures a été implantée appartenant aux familles des Astéracées, Boraginacées, Papavéracées, Fabacées, Brassicacées, Hydrophyllacées, Polygonacées, etc. En plus de nourrir les abeilles et autres insectes, ces cultures ont pu être valorisées par la production de semences, la production de graines transformées en huiles, farines ou condiments, la production de graines pour l’alimentation animale, des foins ou ensilages fauchés après floraison ou comme engrais vert.

La difficulté pour les producteurs est principalement de trouver un marché ou d’être équipé correctement pour les travaux agricoles.

3. Apicole

Du miel a pu être produit sur les différents sites. Le miel est-il une alternative au sucre de betterave ? Pour répondre à cette question, Nature & Progrès a interviewé des consommateurs, apiculteurs et betteraviers.

• 75% des consommateurs interviewés utilisent du sucre de betterave mais ne connaissent pas les tenants et aboutissants de cette culture. La consommation de miel est plus faible que celle du sucre. Les freins à la consommation de miel sont le goût, la texture, le pouvoir sucrant et le prix. Pourtant, ¾ des participants se disent prêts à remplacer une partie du sucre par du miel.

• Les apiculteurs aiment l’interpellation « Plan Bee » quant aux pratiques agricoles. Seulement, certains craignent de remplacer un système intensif par un autre. Actuellement, la plupart des apiculteurs nourrissent les ruches avec du sucre par manque de ressources florales dans l’environnement. Pourtant, la demande de miel est inassouvie (3/4 des pots de miel viennent de l’étranger). Ce que les apiculteurs souhaitent donc, c’est restaurer l’environnement en replantant et semant des plantes mellifères.

• Les betteraviers estiment que la culture de betterave sucrière n’est pas rentable sans pesticides (pourtant le sucre de betterave bio se développe). Ils trouvent que produire davantage de miel est une bonne chose mais pensent qu’il ne pourra jamais concurrencer le sucre de betterave. Ils disent que la consommation de sucre est énorme et qu’il n’est pas possible de compenser avec des ruches. Pourtant ils sont tout à fait conscients que l’agriculture est en train de changer !

Conclusion des premières études Plan Bee

En conclusion, augmenter la production de miel est une option pour diversifier la production de sucres en Wallonie. Pour avoir plus de miel, il faut restaurer l’environnement en replantant et semant des cultures mellifères sans l’utilisation de pesticides. Certaines cultures mellifères sont rentables pour les agriculteurs, en plus de nourrir les abeilles et toute l’entomofaune sauvage.

La difficulté est de trouver un marché pour valoriser la culture et être équipé pour les travaux agricoles. Cependant, cela permettrait d’augmenter l’agrodiversité ! De plus, les abeilles mellifères et solitaires nous montrent que notre environnement est encore contaminé par des pesticides chimiques de synthèse. Il est donc urgent d’opter pour un modèle agricole alternatif sans leur usage. L’étude Plan Bee est ainsi loin d’être terminée !

Nature & Progrès a présenté ces conclusions lors d’une visioconférence le 27 avril 2021. Retrouvez-la ci-dessous !

Les nouveaux OGM : une question citoyenne

© Unsplash (nouveaux OGM)

Carte Blanche publiée sur LLB Débats

Des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), nous en débattons depuis la fin des années nonante. L’industrie des biotechnologies vendit alors les OGM de première génération comme des produits miracles, notamment pour réduire la faim dans le monde, pour combattre les plantes et les insectes indésirables, et réduire ainsi l’utilisation de pesticides ! La technologie de production de ces organismes modifiés était, prétendait-on, précise et entièrement maîtrisée.

De longues discussions, relatives notamment à la dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement, conduisirent à l’adoption de la directive 2001/18/CE qui définit, entre autres, les obligations d’évaluation et d’étiquetage des produits alimentaires à base d’OGM. Vingt ans après, les OGM n’ont strictement rien apporté à l’agriculture et aux agriculteurs, si ce n’est une dépendance toujours plus forte aux pesticides de synthèse. La quasi-totalité des OGM sont, en effet, modifiés pour tolérer des herbicides ou contenir un insecticide. Les plantes indésirables acquièrent, peu à peu, une tolérance à l’herbicide qui est alors utilisé en quantité plus élevée jusqu’à ce que d’autres herbicides doivent le remplacer. Les insectes résistent assez vite à l’insecticide dans l’OGM, impliquant l’utilisation d’autres insecticides.

Les mêmes vieux arguments refont aujourd’hui surface avec une nouvelle génération d’OGM qui serait indispensable pour lutter contre les effets des changements climatiques, contre la crise de la biodiversité et… pour diminuer l’utilisation de pesticides ! Les techniques de production seraient totalement maîtrisées car l’ADN de la cellule hôte est modifié en des endroits ciblés, et non plus au hasard comme ce fut le cas avec la transgénèse, technique de première génération qui introduit un gène étranger dans l’ADN de la plante et est reconnue pour engendrer des erreurs génétiques.

Les « nouveaux OGM » sont des OGM !

En juillet 2018, la Cour de Justice de l’Union européenne a rendu un arrêt selon lequel les organismes issus des nouvelles technologies OGM sont bien des OGM et relèvent donc de la Directive OGM. Ils doivent donc être traçables et étiquetés, et faire l’objet d’une analyse de risques pour la santé et l’environnement !

Mais ceci contrarie énormément le lobby de la déréglementation des nouveaux OGM, voulu par les producteurs de pesticides et de semences OGM, des chercheurs d’instituts de recherche, des agriculteurs industriels, des négociants en denrées diverses… Leur pression s’est donc fortement intensifiée auprès des Etats, de la Commission et du Parlement européen. Cette pression de ceux qui se revendiquent de la « vraie science » court-circuite le débat politique et la participation des publics concernés à la prise de décision, que ce soit pour des risques sanitaires et environnementaux ou pour des risques économiques, sociaux et éthiques.

Le simple citoyen veut une agriculture de qualité, de proximité, un déploiement important de l’agro-écologie qui puisse garantir sa sécurité alimentaire et s’intégrer harmonieusement dans le tissu social et local. Il refuse les vaines promesses d’une agriculture de haute technicité, sous brevets, cause d’une perte considérable de diversité semencière et de savoir-faire agricoles. Il n’entend pas se laisser confisquer ce choix !

Logo nouveaux OGM

Quelle sera la position belge ?

Le 25 septembre 2017, un « groupe technique » des administrations belges ad hoc s’est entendu, avant d’être dissout, sur une proposition selon laquelle « une révision du cadre législatif en matière d’OGM est nécessaire afin de tenir compte des évolutions scientifiques et technologiques ainsi que de critères socio-économiques qui ont également évolué depuis vingt ans de Directive 2001/18 ». Cette proposition n’a pas évolué depuis lors. Une abondante littérature scientifique indépendante continue pourtant à montrer les erreurs génétiques engendrées par les nouvelles technologies rebaptisées d’ »édition du génome ».

Un « steering group » fédéral informel a été constitué en septembre 2020. La teneur de ses discussions est restée secrète. Selon les ministres fédéraux compétents, une position modifiée sera préparée si les conclusions de l’étude de la Commission sur le statut des nouvelles techniques génomiques dans le droit de l’Union, à publier ce 30 avril, nécessitent une nouvelle concertation entre autorités fédérales et régionales. Le Vlaamse Instituut voor Biotechnologie (VIB) joue un rôle prépondérant, tant au niveau national qu’international, dans ce lobby. Fondé et en partie financé par le gouvernement flamand, il compte Bayer et BASF dans son Conseil d’administration et a pour mission de déposer des brevets et des applications dans l’ingénierie génétique.

Les responsables politiques doivent prendre leur responsabilité

Au niveau européen, de nombreuses associations, soutenues par des généticiens moléculaires et des spécialistes du fonctionnement des écosystèmes, se mobilisent pour dénoncer les conséquences d’une déréglementation des nouveaux OGM. Les technologies d’édition du génome dont celle la plus utilisée dite CRISPR-Cas engendrent des erreurs génétiques même si les mutations produites sont « ciblées » en des endroits précis de l’ADN. Ces erreurs peuvent induire des effets non intentionnels – toxines, allergènes, modifications de la valeur nutritionnelle, du métabolisme, impacts sur les écosystèmes – qui ne sont pas toujours perceptibles immédiatement. Ces nouvelles technologies interfèrent directement avec les mécanismes biologiques des cellules et de l’évolution et peuvent modifier l’expression d’autres gènes des cellules. Elles utilisent aussi une phase de transgénèse.

Un nombre croissant de parties prenantes demande que les responsables politiques prennent leurs responsabilités face aux citoyens, engagent un débat public avec l’audition de scientifiques indépendants et maintiennent les nouveaux OGM dans la Directive 2001/18/CE.

 

Retrouvez la carte blanche sur LLB Débats ici.

 

M. Fichers, Ir.Agronome, Secrétaire général
C. Wattiez, Dr.Sc.biologiques, chargée de mission OGM